L'artiste dissident Ai Weiwei à nouveau toléré par les autorités chinoises ?

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 11/06/2015 à 12H49
Ai Weiwei à Pékin en mars 2015.

Ai Weiwei à Pékin en mars 2015.

© Andy Wong/AP/SIPA

Le Parti communiste chinois et l'artiste Ai Weiwei pourraient-ils fumer le calumet de la paix ? Un journal officiel a en tout cas suggéré ce 11 mai de "tourner la page" de la controverse avec le dissident, même si celui-ci reste toujours privé de passeport. Quand-même...

Dans un geste impensable encore récemment, les autorités chinoises ont, au moins tacitement, autorisé l'artiste contestataire à inaugurer sa première exposition individuelle le week-end dernier dans l'espace 798, un quartier de Pékin dédié à l'art contemporain.

"Tourner la page"

Evoquant une "nouvelle donne", le quotidien Global Times a consacré ce 11 mai son éditorial à Ai Weiwei, mais sans employer le ton au vitriol habituellement réservé au quinquagénaire iconoclaste, bête noire du régime. "Peut-être l'heure est-elle arrivée de tourner la page de la polémique politique avec Ai", a estimé le journal du Parti communiste chinois.

L'artiste touche-à-tout, lauréat de nombreux prix internationaux, n'a jamais ménagé ses critiques contre le Parti communiste chinois, et a notamment tourné en dérision la surveillance constante dont il fait l'objet. Mais le Global Times souligne que l'eau a coulé sous les ponts depuis  l'année 2011, quand le dissident barbu, accusé de fraude fiscale, avait été détenu de début avril à fin juin, ce qui avait soulevé une vague d'indignation à travers le monde.

Une exposition sans oeuvres susceptibles de gêner le régime

"En Chine, le public le connaît bien plus pour des motifs politiques que pour son oeuvre artistique", note le journal, en ajoutant qu'Ai peut "se considérer chanceux parmi les autres dissidents chinois". L'artiste militant, de son côté, a peut-être mis de l'eau dans son vin, à  force d'être soumis à une pression constante. Son exposition, intitulée "Ai  Weiwei", ne semble en tout cas pas comporter d'oeuvre libertaire susceptible de hérisser le pouvoir.

On y voit un pavillon en bois destiné au culte des ancêtres, datant de l'époque Ming et construit à l'origine dans la province centrale du Jiangxi, qu'Ai a racheté et remonté à Pékin. Reprenant certains de ses thèmes favoris - comme les céramiques brisées ou le détournement à la sauce contemporaine de symboles traditionnels chinois tels la lanterne ou le dragon, Ai Weiwei propose au visiteur une réflexion sur l'objet artistique à travers le temps.

Peintre, sculpteur et plasticien, Ai Weiwei a notamment enquêté sur l'effondrement d'écoles lors du séisme de 2008 dans la province du Sichuan et sur des faits divers à l'évocation censurée en Chine.