L'artiste chinois Ai Weiwei expose ses rêves et chimères au Bon Marché

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 06/01/2016 à 18H42
Détail de l'affiche de l'exposition Ai Weiwei au Bon Marché 

Détail de l'affiche de l'exposition Ai Weiwei au Bon Marché 

© Bon Marché

Des créations de l'artiste chinois Ai Weiwei, dont des cerfs-volants, seront exposées au Bon Marché à Paris. C'est la première oeuvre jamais créée par l'artiste pour un espace commercial. L'exposition "Er Xi" ("Air de jeux") s'y tiendra du 16 janvier au 20 février.

Ai Weiwei investira les lieux avec plusieurs installations monumentales autour du thème de l'enfance : structures en bambou, dragons en trois dimensions ou cerfs-volants. Il s'est inspiré du Shanhajing, le livre des Monts et des Mers : un ensemble de contes épiques et de légendes populaires imaginés dans l'Antiquité Chinoise et racontés aux enfants depuis plus de 2.000 ans. L'artiste a choisi une trentaine de personnages, des dragons à plumes, pour leur imaginaire, leur folie et leur poésie. Pour la réalisation de ces créatures mythologiques, Ai Weiwei a choisi la technique ancestrale des cerfs-volants traditionnels, qui allie la souplesse du bambou à la légèreté du papier de soie.

"Je voulais repousser les limites de ce médium qui est très populaire en Chine. Je me suis adressé au meilleur fabricant de cerfs-volants chinois, Monsieur Wong Yong Xun, dans la province de Shandong. Ces personnages sont des prouesses techniques" souligne-t-il. 

"Exposer au Bon Marché, c'est utiliser un nouveau médium, un grand magasin, pour rencontrer un nouveau public, aussi large que celui d'un musée, mais qui, en principe, ne vient pas pour voir de l'art", a expliqué l'artiste, qui réside à Berlin. "Cette expérience me permet de concevoir une exposition d'une autre manière, avec des contraintes différentes de celles d'un musée ou d'une galerie", a ajouté Ai Weiwei qui fut longtemps la bête noire du régime de Pékin.

Artiste polyvalent, peintre, sculpteur et plasticien, Ai Weiwei, a notamment aidé à la conception du "Nid d'oiseau", le spectaculaire stade de Pékin construit pour les jeux Olympiques de 2008. Détenu en 2011 pendant 81 jours, il est un critique féroce du gouvernement chinois, même si le climat est à l'apaisement ces derniers temps.