L'artiste Ai Weiwei appelle les pays occidentaux à agir en faveur des réfugiés

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 11/09/2015 à 15H26
L'artiste Ai Wei pose dans son atelier à Berlin, le 6 août 2015

L'artiste Ai Wei pose dans son atelier à Berlin, le 6 août 2015

© MICHAEL KAPPELER / DPA / dpa Picture-Alliance/AFP
L'artiste chinois dissident Ai Weiwei a appelé les pays occidentaux à en faire davantage pour les réfugiés, vendredi à Londres, une semaine avant l'ouverture d'une rétrospective majeure de ses oeuvres à la Royal Academy of Arts. "C'est une situation très urgente (...) qui va durer pendant très longtemps et qui requiert un effort mondial de différents pays", a estimé Ai Wei Wei, qui revient à Londres pour la première fois depuis cinq ans.

Keira Knightley et Anish Kapoor signent une pétition en faveur des migrants

"Je pense que les pays occidentaux doivent se mettre d'accord pour s'entre-aider et trouver une meilleure façon de gérer cette situation", a-t-il ajouté, confiant qu'il travaillait à une oeuvre sur le thème des réfugiés. L'appel d'Ai Weiwei intervient le même jour que la publication d'une pétition de plus d'une centaine de personnalités du monde de la culture britannique, appelant le gouvernement conservateur britannique à accueillir plus de réfugiés. Parmi eux figurent les acteurs Keira Knightley et Benedict Cumberbatch et l'artiste plasticien Anish Kapoor.

Le dissident chinois, qui a récupéré son passeport auprès des autorités chinoises mi-juillet après quatre années de confiscation, s'est dit "très fier" de la façon "très civilisée" dont l'Allemagne accueille les migrants. Les autorités allemandes prévoient l'arrivée de 800 000 demandeurs d'asile cette année, soit l'équivalent de 1% de la population de ce pays où vit le fils d'Ai Weiwei. L'Allemagne a été très accueillante avec l'artiste chinois lui-même, lui octroyant rapidement un visa de quatre ans à entrées multiples, tandis que le Royaume-Uni lui a, dans un premier temps, refusé un visa de six mois.

Une retrospective à Londres

L'artiste a confié que l'impossibilité de voyager pendant quatre ans l'avait "profondément affecté" lui et sa famille, tout particulièrement son fils qui en faisait des "cauchemars". Indiquant qu'il aimerait partager son temps entre Pékin et Berlin, où il va enseigner, Ai Weiwei a reconnu qu'il devait "toujours travailler très prudemment" dans son pays natal. "Si vous voulez que vos oeuvres soient exposées, vous devez être très prudent. Il y a toujours de la censure et de l'auto-censure là-bas", a-t-il expliqué.

Sa rétrospective à la Royal Academy of Arts de Londres ouvre samedi 19 septembre et dure jusqu'au 13 décembre.