Jean-Luc Martinez veut privilégier les collections et mieux accueillir le public

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 20/09/2013 à 14H09
Le président-directeur du Louvre Jean-Luc Martinez

Le président-directeur du Louvre Jean-Luc Martinez

© Antoine Mongodin / Le Louvre / AP Photo / SIPA

Le président-directeur du Louvre Jean-Luc Martinez a dévoilé vendredi ses priorités : réussir le "défi" du Louvre Abou Dhabi, rendre le musée parisien "plus accueillant" et le recentrer sur ses collections permanentes.

Le Louvre va continuer à proposer deux grandes expositions temporaires annuelles (Vermeer est prévu pour 2016) mais il y aura moins de petites expositions dispersées dans le Palais, a indiqué Jean-Luc Martinez, cinq mois après son arrivée à la tête du musée pour un mandat de trois ans.
 
Les espaces libérés seront notamment réaffectés à l'éducation artistique et à la présentation didactique du musée du Louvre et de ses collections pour les visiteurs.
 
L'art contemporain, en vedette ces derniers temps au Louvre, n'aura plus sa place au milieu des œuvres : il restera le bienvenu mais dans des espaces d'expositions.
 
Jean-Luc Martinez a pris son temps avant de s’exprimer
Nommé en avril en remplacement d'Henri Loyrette, patron du Louvre pendant douze ans, Jean-Luc Martinez explique qu’il a pris le temps de rencontrer les équipes du musée, de se "glisser dans la peau d'un visiteur" avant de s'exprimer publiquement.
 
"Je voulais retrouver un peu de fraîcheur, souligne Jean-Luc Martinez, entré au  musée il y a seize ans et directeur du département des antiquités grecques, étrusques et romaines de 2007 à avril dernier.
 
La simple visite du bureau présidentiel atteste d'un changement de style. Alors qu'Henri Loyrette était entouré de piles de catalogues d'expositions posés partout y compris à même le sol, dans une lumière tamisée et un désordre plaisant, Jean-Luc Martinez reçoit dans une pièce repeinte dans un teinte claire, avec des livres d'art bien rangés dans une bibliothèque, et des stores  relevés, laissant passer la lumière.
 
Le Louvre Abou Dhabi et le Louvre-Lens parmi les priorités
"Le Louvre Abou Dhabi est ma première priorité. Nous avons une obligation de résultat. C'est un très grand honneur fait à la France, aux musées français", souligne Jean-Luc Martinez. "C'est aussi un défi. L'ouverture du musée est prévue en décembre 2015."
 
"Ma deuxième priorité, c'est de consolider le succès du Louvre-Lens."  Ouvert en décembre 2012, il a déjà franchi le cap des 700.000 visiteurs. "En  2014, cela va encore très bien marcher." Mais il faut déjà "préparer la suite",  notamment le renouvellement en 2017 des collections du Louvre montrées dans la grande galerie.
 
Pour le Palais du Louvre à Paris, qui devrait recevoir 9,5 millions de visiteurs en 2013, son président-directeur souhaite un musée "plus accueillant, plus généreux, plus ouvert".
 
L’accueil du public repensé
Cela passe par la réalisation "la plus rapide possible" du "projet Pyramide" qui vise à repenser totalement l'accueil sous la pyramide de l'architecte Pei, sans jamais fermer cet accès essentiel. Le coût est de 60  millions d'euros, financé par l'argent du Louvre Abou Dhabi. L'opération devrait être terminée au printemps 2016.
 
Jean-Luc Martinez entend "mieux mettre en valeur" les collections permanentes du musée, où sont présentées 38.000 pièces. "Le Louvre attire d'abord par la richesse de ses collections permanentes, contrairement à d'autres musées qui ont besoin d'expositions temporaires."
 
"Le Louvre n'est pas une galerie d'expositions. Elles doivent servir la mise en valeur de nos collections. Nous pouvons aussi nous permettre de prendre des risques", avec des artistes moins connus comme le sculpteur Bouchardon.
 
Un espace pour présenter le musée au visiteur
D'ici 2016 la signalétique et les cartels des salles seront refaits et unifiés.
 
L'espace Richelieu (240 m2) où avaient lieu des expositions sera consacré à l'éducation artistique et culturelle, en coopération avec d'autres musées. En face, des salles non utilisées (1.100 m2) pourront à terme servir à la formation.
 
Dans le pavillon Sully, Jean-Luc Martinez veut créer un "centre d'interprétation" du musée du Louvre, de son histoire, de ses collections, sur trois niveaux. "Pour nous présenter au visiteur". Il prépare également une réorganisation de l'agencement des services et des  directions du Louvre, dans un souci de "cohérence" et de "lisibilité".