"Internationales Graphiques" : 1970-1990, deux décennies d'affiches engagées

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 14/03/2016 à 18H47
Affiches de l'exposition "Internationales Graphiques" à Paris

Affiches de l'exposition "Internationales Graphiques" à Paris

© France3/Culturebox

Du 17 février au 29 mai 2016, les murs sont porteurs de messages dans l’exposition "Internationales Graphiques –Collections d’affiches graphiques 1970-1990", à l’Hotel National des Invalides de Paris. 170 pièces sont présentées dans le cadre de "La Fête du Graphisme". Cet imposant panorama, qui s'étale sur 20 ans, réunit une production impressionnante d’affiches politiques et culturelles.

La Guerre du Vietnam, les dictatures latino-américaines ou encore l’Apartheid... Cette exposition est l’occasion de réunir les travaux d’artistes graphistes des années 70 à 90, auxquels succédent aujourd'hui les mobilisations par le biais d'Internet. 
 

Reportage : F. Malverde / N. Loncarevic / S. Wislin


Vingt ans d'affiches socio-politiques

Entre 1970 à 1990, les graphistes choisissent de mettre à profit leur talent pour la bonne cause en divulguant une parole ou une idée. Beaucoup refusent de travailler pour la publicité et trouvent leur force dans l’indépendance ou en s’associant avec les personnes ou les groupes de leur choix : "De la part des graphistes professionnels, faire des affiches et choisir son commanditaire est une démarche professionnelle et politique. Ils choississent de travailler pour des syndicats et des partis avec qui ils sont en accord ou bien des secteurs associatifs et la culture", affirme Cécile Tardy, commissaire de l’exposition "Internationales Graphiques".

L’exposition donne à voir une collection d’affiches retraçant l’histoire des engagements et des luttes sous un point de vue artistique : "Ce que les artistes déplorent par la suite, c’est que cet art de la rue a tendance à quitter la rue. C’est ce qu’on observe dans l’exposition : l’affiche, petit à petit, devient poster tout comme l'acte politique, qui devient acte d’acquérir et d’exposer chez soi", ajoute Cécile Tardy. 

Et aujourd’hui ?

De plus en plus, les syndicats et partis contestataires ont le reflexe de faire appel à des agences de communication plus qu’à des artistes engagés.

Régis Léger, plus connu sous le nom de Dugudus, continue de croire en l'art de l'engagement et à la parole que les murs peuvent diffuser. Ce jeune graphiste interpelle les passants parisiens avec humour et provocation au sujet de la politique grâce à ses dessins. Passionné de voyages, il a étudié à Cuba où il rencontre Diego Posadas, autre artiste graphiste militant, membre de l’Atelier Populaire de Sérigraphie : "Le climat politique n’est pas forcément très motivant. Les jeunes ne font plus du graphisme social puisque c’est à nous d’aller vers la politique", confie-t-il. 
 

L'art de la rue permet de nous exprimer sur un sujet qui nous touche publiquement. Les illustrations nées des événements récents, tels que "Charlie Hebdo" ou les attentats du 13 novembre 2015, ont récemment rappelés au grand public que de simples coups de crayon valent un long discours.