Hugo Pratt et son Corto Maltese, premiers invités du Musée Hergé

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 04/10/2015 à 12H33
Une affiche de Corto Maltese dans les rues de Venise 

Une affiche de Corto Maltese dans les rues de Venise 

© Antoine Lorgnier/ ONLYFRANCE / AFP

Hugo Pratt (1927-1995) et son héros mythique Corto Maltese sont les tout premiers invités du Musée Hergé de Louvain-la-Neuve, en Belgique, pour une exposition qui coïncide avec la sortie d'une nouvelle aventure de l'iconique marin.

Six ans après son ouverture dans la ville universitaire, située à une vingtaine de kilomètres de Bruxelles, le musée expose des planches qui ne sont pas signées du père de Tintin et Milou, mais d'un autre géant du "neuvième art", l'Italien Hugo Pratt, inventeur du roman graphique avec "La Ballade de la mer salée", première histoire de Corto Maltese publiée en 1967 en Italie et en 1975 en France.

Plus de 100 planches originales tirées des albums et de magnifiques aquarelles constituent un parcourt fascinant dans l'imaginaire de Pratt, marqué par la poésie (Rimbaud, Yeats), la littérature (Jack London, Robert Louis Stevenson, Kipling, Shakespeare), sa jeunesse en Abyssinie (actuelle Ethiopie), l'ésotérisme...

Alors que l'on célèbre les 20 ans de la mort de Pratt et que Corto Maltese renaît sous la plume des Espagnols Juan Diaz Canales et Ruben Pellejero, auteurs de "Sous le soleil de minuit" (Casterman), une exposition était prévue à Grandvaux, sur les bords du lac Leman (Suisse), dernière résidence du dessinateur.

Hugo Pratt, Corto Maltese, 1991 © Andre Fernandez / AFP
Mais le projet a finalement capoté et c'est le couple Fanny (seconde épouse de Hergé) et Nick Rodwell, son époux, qui ont eu l'idée d'organiser cette commémoration dans le musée consacré au père de la "ligne claire", a expliqué lors de son inauguration Didier Platteau, qui fut l'éditeur des deux maîtres de la BD.

Une exposition permettant de comprendre la complexité d'Hugo Pratt

Confiée à Patrizia Zanotti, ex-coloriste d'Hugo Pratt et légataire de ses oeuvres, l'exposition - intitulée "Rencontres et passages" - a été conçue et montée en un mois et demi à Milan. 

"Ce qu'on voulait vraiment, c'est de montrer les références culturelles qu'il avait eues, les rencontres de sa vie, ses voyages... Cela permet de comprendre la complexité d'Hugo Pratt et à travers ses oeuvres, on voit ressortir toute sa culture", a confié Mme Zanotti. "Il mettait par ci par là des références, et l'on était libre de les approfondir ou de ne pas les voir. On a voulu connecter ces trois éléments: sa vie, ses lectures, ses expériences. Corto Maltese, c'est l'ensemble des expériences de quarante ans de carrière. Dans Corto, on trouve beaucoup de Pratt, mais on le trouve surtout dans tous les autres personnages".