François Hollande visite le Louvre d'Abou Dhabi, "œuvre exceptionnelle"

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 03/12/2016 à 13H40
Sheikh Abdullah bin Zayed al-Nahyan (chef de la diplomatie des Émirats), Jean-Marc Ayrault (chef de la diplomatie française), François Hollande, Jack Lang (président de l'institut du monde arabe, derrière, au téléphone) et Jean Nouvel (architecte) au Louvre Abou Dhabi le 3 décembre 2016

Sheikh Abdullah bin Zayed al-Nahyan (chef de la diplomatie des Émirats), Jean-Marc Ayrault (chef de la diplomatie française), François Hollande, Jack Lang (président de l'institut du monde arabe, derrière, au téléphone) et Jean Nouvel (architecte) au Louvre Abou Dhabi le 3 décembre 2016

© Stéphane de Sakutin / AFP

Le président français François Hollande a visité samedi le site du futur musée du Louvre d'Abou Dhabi qu'il a qualifié d'"œuvre exceptionnelle" réalisée avec les Émirats arabes unis.

Arrivé vendredi, François Hollande s'est rendu au Louvre samedi matin et, pendant la visite du site, il était accompagné notamment par l'architecte français Jean Nouvel qui a conçu le projet.

Le musée, qui devrait être inauguré en 2017, a vocation à "offrir au monde" des œuvres "majeures de l'humanité", a-t-il dit. Évoquant la protection du patrimoine en péril, le président français a parlé d'un "conflit entre la civilisation, l'humanité et la barbarie". Ce musée "a le pouvoir d'envoyer un message de paix, de dialogue, de compréhension et d'intelligence." François Hollande a effectué cette visite à l'occasion de la conférence d'Abou Dhabi pour la préservation du patrimoine en péril.

"Le premier musée universel dans le monde arabe"

C'est le premier des trois musées, dont une antenne du Guggenheim, à se concrétiser sur l'île de Saadiyat, à 500 mètres en face d'Abou Dhabi. Le Louvre a été voulu par ses promoteurs - Paris et Abou Dhabi - comme "le premier musée universel dans le monde arabe" et un symbole d'"ouverture" et de "tolérance".

Le projet est né en 2007 d'un accord intergouvernemental d'une durée de 30 ans pour créer un musée portant le label "Louvre Abou Dhabi" (qui peut être orthographié aussi Abu Dhabi), avec des prêts d'œuvres d'art par des musées français en contrepartie d'un milliard d'euros.

Louvre Abou Dhabi : images du chantier en accéléré (juin 2016)

Le coût de construction du musée lui-même avait été estimé en 2012 à 654 millions de dollars. Il y a eu des retards dans la réalisation du projet, mais les autorités d'Abou Dhabi annoncent maintenant "2017" pour son ouverture, sans donner de date précise. Le site comprend en tout 55 bâtiments individuels. Son immense coupole de 180 mètres de diamètre couvre la majorité du musée et on peut la voir depuis la mer. "Ce dôme très impressionnant (est) à la fois un don du ciel et un produit de la terre", et on se demande "s'il ne flotte pas", a commenté François Hollande.

Une "Venise des sables"

Le concepteur du musée, l'architecte français Jean Nouvel (prix Pritzker 2008), l'a conçu comme une "structure d'ombre, de cheminement et de découverte" prenant la forme d'"une cité presqu'île qui avance dans l'eau". Installé sur 24.000 m2 dont 6.000 pour la galerie permanente et 2.000 pour les expositions temporaires, le musée "utilise cette eau à l'ombre pour créer un phénomène de microclimat grâce au vent qui entre sous la coupole".

Jean Nouvel s'est inspiré de l'architecture traditionnelle arabe : les deux tiers du musée sont coiffés d'un dôme métallique de 180 m de diamètre revêtu de 4.481 étoiles. Ce dôme, formé de huit coupoles superposées et "percées différemment selon un motif arabe, laisse passer des rayons de soleil qui vont créer des taches de lumière à certains endroits en fonction du soleil", expliquait Jean Nouvel en 2014 lors d'une visite de presse sur le chantier.

Pluie de lumière

Cette pluie de lumière douce évoque les ombres mouvantes des palmeraies. La construction du musée, un contrat de 654 millions de dollars (582 millions d'euros), est financée par Abou Dhabi en sus de l'accord inédit signé avec la France en 2007 sur la coopération entre les deux pays pour créer le Louvre Abou Dhabi.

Louvre Abou Dhabi : la pluie de lumière

L'accord sur 30 ans prévoit que la France apporte son expertise et ses œuvres d'art contre un milliard d'euros. Sur ce total, la seule concession du nom du Louvre jusqu'en 2037 rapporte au musée parisien 400 millions d'euros. Le Louvre Abou Dhabi se veut un "musée universel", à dominante d'art occidental classique évoquant "toutes les civilisations, toutes les époques, y compris contemporaines", dans le respect "des valeurs culturelles des deux parties", précise l'accord.

Les musées français prêteront pendant dix ans à partir de la date d'ouverture, sur la base du volontariat, des œuvres dont la durée de prêt n'excédera pas deux ans.

Pour sa collection permanente, le musée a patiemment acquis des centaines d'œuvres, avec l'expertise de l'Agence France-Muséums (opérateur du projet côté français). Elle comprend plus de 600 pièces à ce jour. Certaines pièces ont déjà été dévoilées à Abou Dhabi (2013) puis Paris (2014) dans le cadre d'une exposition intitulée "Naissance d'un musée".

En outre, 13 musées français prêteront pour le lancement 300 chefs-d'œuvre signés notamment de Léonard de Vinci, Vincent Van Gogh, Claude Monet, Henri Matisse et Andy Warhol. Deux artistes de renommée mondiale, l'Italien Giuseppe Penone et l'Américaine Jenny Holzer, vont également créer des œuvres in situ.

Une présentation ooficielle du musée (en anglais) :