François Hollande rend hommage à Jacques Chirac créateur du Musée du Quai Branly

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 21/06/2016 à 09H28
Le président François Hollande avec Bernadette Chirac, Martin Rey-Chirac et Claude Chirac, respectivement l'épouse, le petit-fils et la fille de Jacques Chirac le 20 juin au Musée du Quai Branly.

Le président François Hollande avec Bernadette Chirac, Martin Rey-Chirac et Claude Chirac, respectivement l'épouse, le petit-fils et la fille de Jacques Chirac le 20 juin au Musée du Quai Branly.

© JACKY NAEGELEN / POOL / AFP

François Hollande a rendu un vibrant hommage à Jacques Chirac, créateur du musée du Quai Branly à Paris, consacré aux Arts premiers, qui portera également le nom de l'ancien président à partir de ce mardi 21 juin.

Un décret officialisant le nouveau nom - "Etablissement public du musée du quai Branly - Jacques Chirac" - est paru mardi 21 juin au Journal officiel. Le chef de l'Etat s'exprimait à l'occasion de l'inauguration de  l'exposition "Jacques Chirac ou le dialogue des cultures", dix ans après l'inauguration par Chirac du musée, le 20 juin 2006. 

François Hollande salue le "long combat" pour la création du musée 

En l'absence de Jacques Chirac, toute la "chiraquie" était présente, son épouse Bernadette, sa fille Claude, son petit-fils Martin Rey-Chirac qui a lui  aussi rendu hommage à son grand-père avant le discours du président. Etaient également présents l'ancien Premier ministre Alain Juppé, les anciens ministres de la Culture Jean-Jacques Aillagon, Renaud Donnedieu de Vabres, Philippe Douste-Blazy, Jacques Toubon, ainsi que François Baroin, Christine Albanel, Rama Yade, Line Renaud... 

Pour l'ancien président, la naissance de ce musée fut un "long combat". Il fallut "convaincre les conservateurs des musées français, notamment du Louvre,  de la nécessité d'ouvrir les musées aux Arts premiers. Comment le Louvre aurait-il pu rester un grand musée s'il ignorait les arts de 70% de la population mondiale? Telle était l'évidence proclamée par Jacques Chirac", a rappelé le président Hollande.

Il a fallu également "lever les réticences du musée de l'Homme et du musée des arts d'Afrique et d'Océanie dont les collections devaient rejoindre le  fonds du futur établissement", "vaincre les réserves des scientifiques qui ne  voyaient pas forcément dans ces pièces anthropologiques de véritables oeuvres  d'art. Pour ne rien dire de ceux, ils étaient sans doute nombreux, qui n'y voyaient que la trace de civilisations indignes de figurer dans un grand musée national". "Comme quoi, être président ne permet pas toujours de lever tous les  obstacles", a-t-il affirmé.

Reportage : N. Hayter / G. Pinol / J. Le Roux

L'hommage à l'opposition de Jacques Chirac au "choc des civilisations"

Le président Hollande a également rendu hommage à Jacques Chirac pour s'être "toujours opposé au choc des civilisations, qui ne conduit qu'à l'affrontement destructeur". "Lorsque l'abjection terroriste menace la liberté, lorsque des dictateurs ensauvagent des pays autrefois berceaux de civilisations, comme en Syrie,  lorsque la guerre civile jette à la mer des milliers de réfugiés, nos valeurs sont le fil à plomb de la conscience et de l'espoir. C'est aussi ce que ce musée traduit", a-t-il affirmé.

"Nous sommes conscients que si la France veut être la France, elle doit être ouverte au monde pour proclamer une fois encore sa lutte contre l'intolérance, contre l'obscurantisme, contre le racisme et contre  l'antisémitisme". Selon lui, "en devenant demain le Musée Quai Branly Jacques Chirac, ce lieu nous garantit que le massage de son auteur sera toujours entendu". 

Depuis dix ans, le musée a reçu 14 millions de visiteurs et sa collection rassemble "plus d'un million de pièces".

Reportage : I. Dupont / G. Fontenit