Flambée de l'art contemporain aux enchères : +1000% en 10 ans

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 23/09/2014 à 12H22
Balloon Dog, Jeff Koons

Balloon Dog, Jeff Koons

© MICHAEL GOTTSCHALK / DDP / AFP

Jamais le marché de l'art contemporain aux enchères ne s'est si bien porté : dopé par un accroissement considérable de la demande et la rivalité entre Chinois et Américains, il a franchi la barre des 2 milliards de dollars de recettes sur un an.

Signe de ce dynamisme: un "Balloon Dog", de l'Américain Jeff Koons, est devenu le 11 novembre 2013 l'oeuvre contemporaine la plus chère du monde à 52 millions de dollars (38,8 millions d'euros).

Sur un an, le produit des ventes aux enchères publiques d'art contemporain (artistes nés après 1945) a atteint 2,046 milliards de dollars (1,5 milliard d'euros), en hausse de 40% par rapport à la période précédente (+ 34,3% en euros), selon le rapport annuel de Artprice, numéro un mondial des données sur ce secteur.

Le dynamisme du secteur contemporain est particulièrement frappant dans un marché global de l'art - toutes périodes confondues - en hausse de 12% à plus de 10 milliards d'euros de recettes. L'art contemporain représente désormais 15% des recettes mondiales, soit six points supplémentaires en dix ans.

"De 500.000 grands collectionneurs d'après-guerre à 70 millions d'art consumers, amateurs et collectionneurs"

"Ce qui est historiquement important, c'est de remarquer que l'art contemporain, de 1970 jusqu'à la fin des années 90, était le maillon faible de la chaîne du marché de l'art", a commenté à l'AFP Thierry Ehrmann, président et fondateur d'Artprice. Or, cette fois, malgré la grave crise économique et financière, il "a non seulement parfaitement tenu, mais s'est aussi affirmé comme un segment majeur".

"La demande s'est considérablement accrue" (....) et il se vend cinq fois plus d'oeuvres aujourd'hui qu'il y a dix ans à des prix comparables, souligne Artprice. "Nous sommes passés des 500.000 grands collectionneurs d'après-guerre à 70 millions d'art consumers, amateurs et collectionneurs", souligne M. Ehrmann.
"Warrior", Basquiat, Vente chez Sotheby's à Londres en 2012

"Warrior", Basquiat, Vente chez Sotheby's à Londres en 2012

Sur la décennie, le chiffre d'affaires a progressé de 1.078% et les prix de 70%. Treize pièces contemporaines ont dépassé les 10 millions d'euros - il n'y en a eu que quatre l'an dernier et 26 sur l'ensemble de la décennie. 179 enchères ont dépassé le million d'euros, soit une hausse de 61% par rapport à la période précédente (elles étaient neuf il y a dix ans).

Les champions : Basquiat, Koons et Wool 

A eux seuls trois artistes, tous américains, Jean-Michel Basquiat (décédé en 1988), Jeff Koons et Christopher Wool représentent 22% du marché mondial de l'art contemporain et 10 des treize adjudications à 10 millions d'euros. Leurs recettes cumulées affichent 460,6 millions de dollars (339 millions d'euros).

La Chine a devancé les Etats-Unis avec 40% du marché mondial, soit 811 millions de dollars contre 752 millions pour le rival américain (601 millions d'euros contre 552 millions). Les deux pays réalisent ensemble 78% des recettes mondiales. "Big Apple" représente non seulement la quasi-totalité du marché américain, mais elle est loin devant Pékin (299 millions d'euros) qui s'empare de la deuxième place devant Londres.