Fête de l'ethnologie au Quai Branly les 14 et 15 mars

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 09/03/2015 à 11H49
Projection de film lors du premier week-end ethnologie du Quai Branly (29-30 juin 2013)

Projection de film lors du premier week-end ethnologie du Quai Branly (29-30 juin 2013)

© musée du Quai Branly, photo Didier Gauducheau

L'ethnologie est en fête au musée du Quai Branly les 14 et 15 mars. Un week-end où on parlera aussi bien de lâchers d'oiseaux avec GPS à Taïwan, de tourisme sexuel à Zanzibar ou de l'enterrement d'un moine en Normandie.

Pendant deux jours, le public pourra accéder gratuitement au musée et aux activités organisées dans le cadre de la deuxième édition de "L'ethnologie va vous surprendre !" Près de 18.000 visiteurs avaient assisté à la première édition en 2013.
              
"L'idée, c'est d'organiser une sorte de fête de l'ethnologie, de l'introduire auprès du grand public qui souvent connaît mal" cette discipline, explique à l'AFP Stéphane Martin, président du musée du Quai Branly.
              
L'ethnologie est la partie "sociale et culturelle" de l'anthropologie, branche de la science dédiée à l'étude de l'être humain sous tous ses aspects (anatomiques, évolutifs, etc.). Elle est cousine de la sociologie.
              
Une macédoine de sujets
 
S'appuyant sur des travaux de terrain et sur des archives historiques et archéologiques, l'ethnologie étudie les sociétés à travers leur langue, leurs coutumes, leur organisation politique, religieuse ou économique.
              
"L'ambition de l'ethnologie, c'est d'essayer de comprendre la grande horlogerie de l'Humanité à travers des exemples pris dans des comportements de micro-sociétés relativement préservées", résume Stéphane Martin.
 
"Il nous a semblé important de montrer que cette discipline est à la fois très importante - car c'est une grammaire intellectuelle extrêmement précieuse  - mais aussi très gaie et très drôle", ajoute-t-il.
              
Le public pourra piocher dans une véritable macédoine de sujets. Des chercheurs viendront présenter les résultats de leurs enquêtes de terrain : le rugby à Samoa, les danseuses des temples indiens, les rebelles Touaregs sur les scènes de la World music, les photographies sur les tombes en Mongolie, etc.
              
Des extraits de films sans commentaire
 
Des extraits de films réalisés sur le terrain seront diffusés sans commentaire pour mettre les spectateurs dans la position du chercheur en pleine observation : la guerre en dansant des Peuls nomades, la cérémonie d'initiation de jeunes garçons en Australie.
 
Il y aura aussi des conférences magistrales comme il se doit : Bruno Latour, anthropologue des sciences, parlera de "l'anthropocène", notre époque où l'influence des activités humaines sur le système terrestre est devenue prépondérante.
              
Michael Houseman, anthropologue des sciences religieuses, évoquera les activités spirituelles issues du New Age et le paganisme contemporain. L'éthologue Vinciane Despret s'interrogera sur "les perspectives pour les animaux".
              
Des comédiens lisent "Tristes Tropiques"
 
Des comédiens (Didier Sandre, Sylvia Bergé...) de la Comédie-Française liront pour la première fois des extraits de "Tristes Tropiques", le célèbre ouvrage de l'anthropologue Claude Lévi-Strauss, décédé en 2009.
              
"Je hais les voyages et les explorateurs" : la première phrase du livre  chasse tout vision romantique du voyage. Mais l'ouvrage se révèle "étonnamment  littéraire", "proustien dans sa construction", selon la comédienne Clotilde de Bayser, responsable de la lecture.
              
"L'ethnologie  apporte une diversité, la possibilité d'une comparaison. Elle  permet de résister aux discours de la standardisation et de l'accélération du monde", note Frédérik Keck, nouveau directeur du département de la recherche et de l'enseignement du musée. "On n'essaie pas de transcrire une culture authentique ou originale. On essaie plutôt de voir comment les objets qui circulent avec la mondialisation prennent des sens différents selon les sociétés", ajoute-t-il.
              
Ces journées de l'ethnologie  sont l'occasion pour le musée de donner un coup de projecteur sur son département de la recherche et de l'enseignement. L'établissement public, inauguré en 2006, reçoit en effet la moitié de ses subventions du ministère de la Recherche, l'autre moitié venant de la Culture.

L'ethnologie va vous surprendre, Musée du Quai Branly, 37 quai Branly, 75007 Paris
samedi 14 et dimanche 15 maris
accès libre et gratuit dans la limite des places disponibles