"Face à faces" : à la recherche désespérée du vrai visage de François Rabelais

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 18/09/2015 à 11H13
La série de portraits de Rabelais par Matisse

La série de portraits de Rabelais par Matisse

© France 3 / Culturebox

Jusqu'au 20 octobre 2015, la Devinière, la maison natale de François Rabelais à Seuilly en Indre-et-Loire, accueille "Face à Faces", une exposition qui réunit 51 portraits dessinés, peints , sculptés ou écrits de l'auteur de Gargantua. Mais cela suffit-il à se faire une idée de la physionomie de l'écrivain mort en 1553 ?

Il aimait les pseudonymes, Alcofribas Nasier ou encore Séraphin Calobarsy. François Rabelais, né près de Chinon en 1483 ou 1494 aurait sans doute aimé le trouble provoqué par cette exposition qui réunit dans sa maison natale 51 oeuvres le représentant. Certes, il avait un nom et bien entendu, il avait un visage. Si le nom est certain, le visage l'est beaucoup moins. C'est ce que nous apprend cette judicieuse réunion d'oeuvres l'évoquant. Entre le premier portrait qu'on lui connaisse, déjà ultérieur à son décès, et les derniers en date comme la série dessinée par Matisse, les traits de l'auteur de Gargantua paraissent changer au gré des artistes, mais surtout au gré de l'image que la société se faisait et se fait de ses écrits. Il ne faut pas oublier que son oeuvre fut décriée par les théologiens de son époque et taxée d'obscénité. Il est tantôt montré en moine jouisseur, tantôt en médecin sage sinon sévère, tantôt en jeune homme à la lippe retroussée et qu'on imagine friand de tous les plaisirs.

Malgré la rare profusion de portraits, il se peut donc qu'aucun ne nous montre l'écrivain tel qu'il fut. La galerie de ces portraits, dont certains sculptés et d'autres écrits, nous en apprend davantage sur le regard que la France a porté sur son oeuvre, l'évolution de la pensée autour de la philosophie qui se dégage de ses contes.

Reportage : P. Ferret / F. Mauffrey / G. Engels

Les plus grands
Si l'exposition se termine avec la série de portraits stylisés qu'en fit Henri Matisse en 1951, elle permet aussi d'apprendre que nombreux furent ceux que la figure presque mythique de François Rabelais a inspirés. Matisse donc, mais aussi et chacun dans son art, Ronsard, Léon Gautier, Delacroix, ou Flaubert s'y sont essayés. Il en sort une impression. Celle que rarement un homme a autant été identifié à son oeuvre et que la lecture de chacun en modifie le portrait. Comme un anagramme constamment chamboulé. Qu'en penserait donc aujourd'hui Alcofibras Nazier ?
L'affiche de l'exposition "Face à faces"

L'affiche de l'exposition "Face à faces"

© Musée Rabelais

"Face à faces" 51 portraits de Rabelais
Musée Rabelais - La Devinière
Seuilly (Indre-et Loire)
Jusqu'au 20 octobre 2015