Exposés à Genève, les corps dépecés de "Body Worlds" font de nouveau polémique

Par @Culturebox
Mis à jour le 22/09/2017 à 10H23, publié le 21/09/2017 à 12H58
A mi-chemin entre l'art et la science, l'exposition "Body Worlds" et ses véritables corps humains "plastinés", fait escale à Genève jusqu'au 7 janvier. 

A mi-chemin entre l'art et la science, l'exposition "Body Worlds" et ses véritables corps humains "plastinés", fait escale à Genève jusqu'au 7 janvier. 

© Culturebox - capture d'écran

"Body Worlds - Le cycle de la vie", c’est l’exposition itinérante la plus visitée au monde. La plus controversée sans doute aussi. Et pourtant, 44 millions de personnes ont déjà vu ces véritables corps humains dépecés. A la fois fascinants et dérangeants ils font escale à Genève, une fois encore donc sur fond de polémique. Un député genevois a en effet saisi la justice pour faire interdire l'expo.

Les créatures du docteur Gunther von Hagens sont de retour. Les corps humains dépecés de "Body Worlds" sont exposés jusqu’à début janvier à Genève. Et comme partout où elle passe depuis plus de vingt ans, l’exposition conçue par l’anatomiste allemand s’est trouvé quelques opposants sur les bords du Léman. Parmi eux, un député écologiste du canton de Genève.

Faire du profit avec des corps humains, avec des parties de corps humains, est interdit tout simplement. Lorsque l’on commence à vendre des cadavres humains, on n’est pas loin d’accepter que c’est tout à fait normal de vendre des vivants également. Alors que l’on passe notre temps à renforcer les droits humains pour mettre fin à l’esclavage, à la traite des êtres humains, au trafic d’organes, c’est ca qui est en cause.

François Lefort, député Les Verts, Canton de Genève

François Lefort, soutenu par d’autres élus, a saisi le Conseil d’Etat de Genève. Sa décision ne devrait pas être rendue avant la mi-octobre. En 2009, la justice française avait interdit une exposition similaire, "Our Body", la cour de cassation estimant que l’exhibition de cadavres humains à des fins commerciales était indécente.

Reportage : A. Combes-Savary / C. Mathieu / E. Achard

Plus de 200 corps et organes exposés

Il ya une quarantaine d’années, l’anatomiste allemand Gunther von Hagens inventa une nouvelle technique de préservation des corps humains, la plastination. Elle permet de conserver intactes les tissus biologiques. Une fois la peau retirée, on découvre alors tous les secrets de notre anatomie.


C’est un processus d’aspiration qui nous permet de remplacer les liquides corporels par des polymères, telle que le silicone ou encore la résine. Après cela, le spécimen est déshydraté et désarticulé comme un pantin. On peut lui faire prendre une position de vie et on peut littéralement le saisir, ce qui est très utile pour enseigner l’anatomie.

Angelina Whalley, conservatrice des expositions "Body Worlds"