En Normandie, le prix des chars flambe lors d'enchères

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 18/09/2016 à 17H59
Le Normandy Tank Museum met sa collection de chars aux enchères, septembre 2016

Le Normandy Tank Museum met sa collection de chars aux enchères, septembre 2016

© CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Des chars américains adjugés 280.000 euros et 230.000 euros, un side-car allemand 130.000 euros ou une jeep à 77.000 euros : les prix ont flambé dimanche lors d'une vente de véhicules de la Seconde guerre mondiale organisée en Normandie près des plages du Débarquement.

"C'est du délire total. Demain sur internet tout le monde va mettre son matériel à ces prix-là alors que ça vaut pas ça", s'exclame Stéphane, 45 ans, collectionneur d'objets militaires de la Seconde guerre mondiale, venu des Yvelines à Catz, village normand proche des plages du Débarquement où se tient la vente jusqu'en fin de journée.

"Sur les dix lots adjugés aux prix les plus élevés, 80% ont été achetés par des étrangers, européens, américains ou du Moyen-Orient", a indiqué Artcurial alors que seuls 37 des 130 lots étaient vendus. C'est un char Chrysler M4A4 Sherman de 1944 pesant 32 tonnes qui vers 16H30 avait atteint le prix le plus élevé : adjugé 280.000 euros à un acheteur étranger par téléphone, selon Artcurial. Pour avoir le prix effectif payé par les acheteurs, il faut ajouter 24% de taxes au prix adjugé pour les véhicules, selon Artcurial Motorcars qui organise cette vente.

"C'est trop cher", a commenté un collectionneur anglais privé qui a requis l'anonymat. Il a proposé en vain jusqu'à "240.000 ou 250.000, je ne sais plus" pour le Sherman, a-t-il déclaré à l'AFP. Un tank Cadillac M5 A1 Stuart de 16 tonnes a été adjugé 230.000 euros par téléphone à un acheteur européen. Autre char, un Cadillac Stuart de 1942 pesant 15 tonnes a été adjugé à 160.000 euros, à un acheteur américain par téléphone.

Le matériel allemand est particulièrement recherché

"C'est plus que le prix que nous estimions raisonnable. Certains sont prêts à mettre beaucoup pour réaliser leur rêve", a indiqué Pavel Löfflek, vice-président du Military history institute de Prague, qui a proposé jusqu'à 150.000 euros pour le char adjugé 160.000 et estimé entre 80.000 à 140.000 euros par Artcurial. Un side car BMW R75 de 1942 qui s'est envolé à 130.000 euros (169.000 TTC), alors qu'il était évalué entre 35.000 à 45.000 euros par Artcurial. "Le matériel allemand et particulièrement recherché", a indiqué M. Löfflek. Même de plus petits objets ont flambé, comme cette remorque allemande IF8 de 1942 de 82 kg vendue plus de dix fois sa valeur estimée, à 16.000 euros, soit 20.800 euros TTC, alors qu'elle était évaluée entre 1.000 à 1.500 euros.

Beaucoup de lots étaient cédés à des acheteurs donnant leurs ordres par téléphone à une douzaine d'agents Artcurial chargés de les collecter ou via internet, au grand dam des petits collectionneurs qui avaient fait le déplacement de toute la France, de Grande-Bretagne ou du Benelux mais dont le budget était modeste. "On espérait une jeep. Mais avec nos 10.000 euros, on est hors budget", explique Martine Maes, 60 ans venue du Nord avec son mari qui arbore la veste de la 101e Airborne (parachutistes américains ayant participé au Débarquement en 44).

Une des jeeps les plus attendues du catalogue, une Willys de 1944, vient alors d'être adjugée 77.000 euros (100.100 TTC), alors qu'elle était évaluée à 15.000 à 25.000 euros. Au total, une trentaine de véhicules devaient être proposés à la vente, dont une dizaine de chars. Ils sont issus du Normandy Tank Museum de Catz qui a fermé ses portes mercredi.