Elisabeth Daynes ou la face restaurée de nos ancètres

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 07/10/2011 à 16H31
Elisabeth Daynes ou la face restaurée de nos ancètres

Elisabeth Daynes ou la face restaurée de nos ancètres

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La Paléo-artiste Elisabeth Daynes présente ses oeuvres au Musée départemental de Préhistoire d'Ile-de-France à Nemours du 1er octobre 2011 au 23 septembre 2012, l'exposition s'intitule "L'identité retrouvée, reconstructions anatomiques d'Elisabeth Daynes". 

L'Homme de Cerny est l'une des dernières réalisations de l'atelier Daynes. Ce personnage reconstitué a été formé à partir d'un crâne et d'ossements découverts dans une sépulture néolothique du sud Seine-et-Marne et datés d'environ  4300 ans avant notre ère. Ce site appelé "Les Réaudins" situé à Balloy a permis la mise au jour, entre 1987 et 1992, d'une quarantaine de sépultures du néolithique moyen appartenant probablement à un lieu de culte. Les habitants de cette région ont été baptisés "groupe de Cerny", en référence au site du "Parc aux boeufs" découvert à Cerny dans l'Essonne. Ce groupe humain qui occupa le bassin parisien durant la deuxième moitié du Vème millénaire avant J.C. s'est distingué de ses prédécesseurs par sa capacité à édifier d'importantes enceintes autour des camps, par la construction de nécropoles monumentales mais aussi par leur capacité à pratiquer l'élevage d'animaux de fort gabarit comme les boeufs. D'après des tentatives de reconstitution menées par une unité du CNRS à partir de fouilles menées dans l'Aisne à Berry-au-Bac, le camp néolithique ressemblait à un village gaulois, tel que ceux dessinés par Uderzo, avec pour entraver son accès un vaste fossé entourant une palissade en bois, renforcée à sa base par un agencement de pierres. Ces populations pourraient avoir été parmi les premières à pratiquer une véritable agriculture sédentaire.   
L'homme de Cerny, reconstitué par la paléo-artiste, mesurait environ 1m 60 et était âgé d'une trentaine d'années. A ses côtés dans la sépulture, les paléontologues ont découvert pour seul mobilier funéraire : trois pointes de flèches en silex et un bracelet composé d'une griffe et d'une dent de chien. La sculptrice, originaire de Béziers, a fourni de nombreux mannequins aux musées du monde spécialisés en Préhistoire, des corps souvent réalisés en silicone auxquels la paléo-artiste donne, grâce à la peinture, un supplément d'âme. Elisabeth Daynes s'était déjà illustrée en 2007 avec la reconstitution présentée au Musée de l'homme à Paris de l'Homo Florensiensis, une lointaine parente de l'Homo sapiens découverte en 2003 dans la grotte de Liang Bua, sur l'île de Florès, en Indonésie.