Dubaï censure sa Foire d'Art contemporain

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 22/03/2012 à 17H43
Le slip "dégage" de Chadi Zaqzouq, censuré à Art Dubaï 2012.

Le slip "dégage" de Chadi Zaqzouq, censuré à Art Dubaï 2012.

© Chadi Zaqzouq

Les autorités émiraties ont une conception assez restrictive de l'Art contemporain. La sixième édition de Art Dubaï, la foire d'art contemporain la plus importante du Proche-Orient, a ouvert ses portes mercredi sur une censure. Quatre oeuvres, dont deux relatives au Printemps arabe, ont été retirées sur ordre des autorités.

Les deux oeuvres liées au Printemps arabe retirées de la Foire sont un tableau de l'artiste palestinien Shadi Alzaqzouq dans lequel apparaît une manifestante tenant un slip masculin blanc portant la mention "dégage", et une oeuvre du Marocain Zakaria Ramhani illustrant l'affaire d'une jeune manifestante égyptienne dévêtue et traînée en pleine rue par des soldats au Caire.

L'oeuvre du Marocain Zakaria Ramhani censurée à Art Dubaï 2012.

L'oeuvre du Marocain Zakaria Ramhani censurée à Art Dubaï 2012.

© Zakaria Ramhani
En outre, une statue représentant un homme nu, du Libanais Nadim Karim, et un tableau de l'artiste iranien Khoro Hassan Zadah jugée "offensante pour l'imam Ali", premier imam du chiisme, ont aussi été retirées par la censure pour des "raisons morales ou religieuses" selon les galeries qui les exposaient.

Parmi les oeuvres d'artistes arabes exposées figurent par exemple un assemblage du Syrien Thaer Helal qui a collé des dizaines de soldats de plomb sur un immense tableau et un montage du Syrien Ammar al-Beik montrant un écran vidéo retransmettant des images de massacres, entouré de dizaines de télécommandes.

Dubaï, qui aspire à s'imposer en pôle culturel dans le Golfe, avait annoncé mercredi qu'il allait se doter d'un musée d'art moderne et d'un opéra, premiers projets annoncés depuis la crise qui a secoué en 2009 l'émirat surendetté.