Des travaux au Louvre pour mieux accueillir le public

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 18/09/2014 à 18H03
Le Louvre veut améliorer l'acceuil du public sous la Pyramide

Le Louvre veut améliorer l'acceuil du public sous la Pyramide

© Amantini Ana / ONLY FRANCE / AFP

Alors qu'il compte neuf millions de visiteurs par an, le Louvre va se rénover pour mieux accueillir le public sous sa pyramide, première étape d'un projet visant à rendre le musée plus compréhensible à des publics toujours plus divers.

Le Grand Louvre "a été construit dans les années 1980 à un moment où il y avait environ trois millions de visiteurs, aujourd'hui ça fait deux années consécutives qu'on a dépassé les neuf millions", a expliqué jeudi à l'AFP le président-directeur du Louvre, Jean-Luc Martinez. "Ce succès, a-t-il ajouté, a conduit à l'allongement des files d'attente et à une forme de saturation de certains équipements, bagageries, toilettes".
 
Le projet "Pyramide", dont les travaux ont déjà commencé, vise à mieux organiser les flux notamment en créant deux nouvelles entrées dans le pavillon Richelieu, à améliorer l'information des visiteurs avec des comptoirs plus visibles et une nouvelle signalétique. Le point central d'information sera remplacé par deux comptoirs. La billetterie, aujourd'hui répartie en plusieurs guichets, sera regroupée à l'emplacement de l'actuelle librairie. La bagagerie-vestiaire occupera une zone unique avec des casiers individuels.
 
Le musée ouvert pendant les travaux
 
Représentant un coût de 53,5 millions d'euros, les travaux de réaménagement, qui s'étaleront de fin 2014 à début 2017, permettront également d'améliorer les conditions de travail des personnels, en particulier sur le plan sonore. Pendant toute cette période, le musée restera normalement ouvert.
 
"La pyramide est devenue un objet d'art au coeur de l'identité du Louvre", empruntée par 80% des visiteurs, remarque Jean-Luc Martinez. "Cette merveilleuse entrée, parfois trop bruyante, crée un rapport au musée qui n'était pas dans l'intention de l'architecte", l'américain I.M. Pei, qui la voyait "comme un sas, comme une préparation à la visite".
 
"Je me réjouis que ce musée ait rencontré ce grand public", ajoute le président du Louvre. "Grâce à ce public, on peut faire des expos dérangeantes, on a les moyens d'une politique d'acquisitions", à laquelle 20% du billet d'entrée sont consacrés.
 
Rendre le musée "plus lisible"
 
Au-delà du projet "Pyramide" dédié au confort de la visite, il s'agit aussi de rendre le musée "plus lisible" à un public de plus en plus diversifié. 70%  des visiteurs du Louvre sont des étrangers, 60 % à 70% y viennent pour la première fois et 50% ont moins de 30 ans.
 
"Ce n'est pas du tout l'image qu'on a du musée, souligne Jean-Luc Martinez. Le Louvre attire des publics qui ne sont pas toujours des publics traditionnels. Du coup, ce que nous devons offrir aux visiteurs a changé complètement."
 
"Comment rendre aujourd'hui le Louvre plus compréhensible pour ces citoyens du monde, qui ont des cultures différentes", s'interroge le président du musée en demandant à ses collaborateurs de se mettre à la place du visiteur néophyte.
 
Un nouveau public qui n'a aucune idée du musée
 
"Il n'a pas de repères, ne connaît pas le périmètre du musée", dont "l'identité est assez floue", remarque-t-il. "Nous avons bénéficié de l'expérience du Louvre-Lens. Quand on demandait aux gens : 'Qu'est ce que vous allez voir au Louvre?', ils répondaient : 'les Impressionistes et Picasso'". Des artistes qui sont pourtant absents du musée.
 
Pour faciliter ce repérage, des panneaux trilingues (français, anglais, espagnol) et des cartels (étiquettes des oeuvres) en anglais seront progressivement installés dans les 404 salles. Selon les tests, "avec l'anglais et l'espagnol, 98% du public arrive à déchiffrer l'info", selon Jean-Luc Martinez.
 
 A terme, sans doute vers 2017-2018, c'est le découpage des parcours -  séparation par écoles, entre peinture et sculpture - qui pourrait être repensé. "Dans les années 80, on s'adressait à l'amateur de musée. Le découpage des parcours, la médiation ont été pensés pour ce public", note le président du Louvre.