Des tambours pour inaugurer Saint-Sébastien-Donostia capitale de la culture

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 24/01/2016 à 11H35
Saint-Sébastien-Donostia capitale de la culture : tamborrada géante sur la plage pour lancer les festivités (23 janvier 2016)

Saint-Sébastien-Donostia capitale de la culture : tamborrada géante sur la plage pour lancer les festivités (23 janvier 2016)

© Javi Julio / Anadolu Agency / AFP

Après Wroclaw le week-end dernier, Saint-Sébastien (Donostia en basque), capitale européenne de la culture cette année, a lancé samedi les festivités avec un concert de 6.500 tambours sur sa plage et un grand spectacle visuel sur le fleuve Urumea, intitulé "le pont du vivre ensemble".

La "tamborrada", tradition remontant au début du 19e siècle dans la cité basque espagnole, a réuni à la mi-journée des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants somptueusement déguisés sur la plage de la baie de la Concha. Ils frappaient tambours et barils, pour interpréter la marche de Saint -Sébastien et d'autres classiques.
              
Puis, à la nuit tombée, la ville baignée par la mer Cantabrique, à 350 km au nord de Madrid, a découvert le spectacle central de sa semaine d'inauguration, "le pont du vivre ensemble", imaginé par le directeur artistique catalan Hansel Cereza.
              
Tout autour du pont María Cristina et sur les rives du fleuve Urumea, quelque 50.000 personnes devaient suivre ce grand spectacle son et lumières.

Douze mois pour explorer les voies du "vivre ensemble"      

Hansel Cereza avait déjà été responsable de la cérémonie d'inauguration des jeux Olympiques de Barcelone en 1992 avec la compagnie novatrice La Fura dels Baus, puis des cérémonies d'inauguration des dernières coupes d'Afrique et d'Amérique de football.
              
Redevenue sereine, Saint -Sébastien reste cependant marquée par les assassinats, attentats et enlèvements qui ont traumatisé le Pays basque pendant près de quarante ans, jusqu'à l'abandon définitif de la violence par les indépendantistes de l'organisation armée ETA en octobre 2011.
 
Les blessures ont commencé à se refermer, estime le maire, Eneko Goia, du parti nationaliste basque (PNV, conservateur), mais il reste du chemin à parcourir pour régler notamment la question des détenus proches de  l'ETA, volontairement écroués dans des dizaines de prisons éloignées du Pays basque. Le fait que l'organisation n'ait pas accepté, pour l'instant, de se dissoudre sans négociations avec Paris et Madrid - qui s'y refusent - est également problématique.
              
La ville basque entend user de son statut de capitale européenne de la Culture - partagé cette année avec Wroclaw en Pologne - pour explorer pendant douze mois toutes les voies du "vivre ensemble en harmonie", a expliqué à l'AFP Eneko Goia.

Une exposition sur la guerre et la paix

Europa Transit" est l'un des projets phares de l'année, qui devrait aboutir à des documentaires : un groupe de journalistes multimédia parcourra l'Europe à bord d'un bus et visitera dix sites affectés par la violence ou par la guerre. Au nombre des villes choisies figurent Ceuta - enclave espagnole au Maroc, où des migrants risquent leur vie pour tenter d'entrer en Europe - mais aussi Belfast, en Irlande du Nord, théâtre du conflit opposant loyalistes et catholiques, ou  Sarajevo, ayant souffert pendant la guerre de Bosnie de 44 mois de siège.
              
Saint-Sébastien  - Donostia en basque - va notamment accueillir une exposition consacrée au traitement par de grands maîtres - de Goya à Picasso -  du thème de la guerre et de la paix. Ses visiteurs pourront aussi assister aux représentations proposées  par le Théâtre de l'Opprimé pour aborder le conflit qui a divisé la société  basque, le public étant invité à choisir lui-même un dénouement aux scènes.
              
Elle proposera aussi d'explorer des sujets plus légers, telle sa spectaculaire gastronomie : ses chefs ouvriront les portes de leurs cuisines à des collègues d'autres pays européens, pour une fusion de traditions culinaires.