Décès de l'artiste catalan Antoni Tàpies

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 07/02/2012 à 08H48
Antoni Tàpies lors de l'inauguration de sa rétrospective au musée Reina Sofia de Madrid (octobre 2004)

Antoni Tàpies lors de l'inauguration de sa rétrospective au musée Reina Sofia de Madrid (octobre 2004)

© Pedro Armestre / AFP

Antoni Tàpies est mort lundi à Barcelone à l'âge de 88 ans. Le peintre et sculpteur catalan, un des grands noms de l'art contemporain européen, avait obtenu une reconnaissance internationale avec des compositions étonnantes, réalisées parfois avec des matériaux de récupération

Né le 12 décembre 1923 à Barcelone, Tàpies était un artiste autodidacte. Après des études de droit, il a commencé à exposer ses oeuvres dans les années 1940. Marqué d'abord par le surréalisme, il a évolué ensuite vers l'abstraction.

Il utilisait beaucoup les matériaux pauvres, ficelle, fil de fer, paille et terre. Dans son oeuvre, on trouve souvent des croix, signe de la multiplication et allusion aux morts de la Guerre d'Espagne et de la Seconde Guerre mondiale. On y trouve aussi souvent le numéro quatre, en référence aux quatre éléments et aux quatre points cardinaux.

Antoni Tàpies lors de l'inauguration de l'exposition du musée Reina Sofia en octobre 2004

Antoni Tàpies lors de l'inauguration de l'exposition du musée Reina Sofia en octobre 2004

© Pedro Armestre / AFP

8000 oeuvres exposées dans le monde entier
Tàpies a créé plus de 8000 oeuvres. Exposée dans les plus grands musées du monde, son oeuvre a été associée à d'autres grands noms de l'art du XXe siècle, comme Joan Miro et Salvador Dali et au mouvement surréaliste. Antoni Tàpies avait rencontré Pablo Picasso en France. Une rétrospective lui avait été consacrée à Paris au musée du Jeu de Paume en 1994.

Il a reçu de nombreux prix en Espagne, ainsi que la médaille Picasso de l'Unesco en 1993.

Dans les années 1960, Tapies avait pris part à la résistance contre la dictature de Franco, un engagement qui lui avait valu une amende et  une brève détention. A la même époque, il avait commencé à s'intéresser aux cultures et philosophies orientales.

En 1984, il avait créé la Fondation Antoni Tàpies pour promouvoir l'étude et la connaissance de l'art moderne et contemporain. Elle avait installé son siège en 1990 à Barcelone dans l'ancienne maison d'édition Montaner i Simon, oeuvre de l'architecte moderniste Luis Domenech i Montaner. L'édifice réunit une des plus importantes collections d'oeuvres de Tàpies.

Nombreux hommages en Espagne

A l'annonce de sa mort, le directeur du musée Reina Sofia de Madrid, Manuel Borja-Villel, a rendu hommage à l'artiste qui, a-t-il dit, fut "capable de créer un nouveau langage" dans les arts plastiques.

Le quotidien El Mundo a salué "le dernier grand artiste du XXe siècle".

Pour le chef du Parti socialiste espagnol, Alfredo Perez Rubalcaba, "Tapies a probablement été l'artiste espagnol le plus important de la seconde moitié du XXe siècle". "Tapies était radicalement libre dans sa créativité, et cette liberté s'est  manifestée aussi bien dans son travail que dans son engagement éthique dans la société", a déclaré M. Rubalcaba dans un communiqué.