De Watteau à David, les trésors de l'Américain Horvitz au Petit Palais

Par @Culturebox
Mis à jour le 02/04/2017 à 10H35, publié le 27/03/2017 à 14H38
Jeffrey Horvitz (au centre) devant quelques-unes des toiles de sa somptueuse collection.

Jeffrey Horvitz (au centre) devant quelques-unes des toiles de sa somptueuse collection.

© France 3 Culturebox

Décidément, les collectionneurs étrangers font les belles heures des expos parisiennes. Après la collection du Russe Chtchoukine à la Fondation Vuitton, c’est au tour de l’Américain Jeffrey Horvitz de prêter deux cents de ses tableaux, sculptures et dessins du XVIIIe siècle français au Petit Palais à Paris. Une expo à découvrir jusqu’au 9 juillet.

Jeffrey Horvitz et Donald Trump ont deux points communs : ils sont américains  et ont fait fortune dans le domaine de l’immobilier. Mais la comparaison s’arrête là tant le premier possède un amour de la France et une délicatesse d’esprit que n'affiche en rien le second... "Idiots", c’est d'ailleurs le mot d’Horvitz pour qualifier les propos de Trump au sujet de Paris qui ne serait plus la même à cause des attentats. "C’est partout pareil, même Boston a été attaquée. Paris reste Paris" ajoute l’amateur d’art francophile dans une interview à France 3 Ile-de-France.

Une passion pour l'art et le dessin français

Né en 1950, Jeffrey E. Horvitz a grandit à Cleveland. Après des études de sociologie et de psychologie, il devient marchand d’art moderne et contemporain à Los Angeles de 1974 à 1980. Puis il part en Floride rejoindre l’entreprise immobilière familiale. Celle-ci est vendue en 1987 et Jeffrey E. Horvitz devient alors investisseur financier privé. Il peut ainsi s’adonner pleinement à sa passion pour les dessins français. 

Il commence sa collection en 1986 avec un dessin de femme nue sur papier bleu signé de Prud’hon, puis les acquisitions s’accélèrent dès 1990 auprès de galeries européennes. Parmi elles, la célèbre "Femme nue allongée" de François Boucher.
François Boucher "Femme nue allongée" vers 1740. Sanguine, pierre noire et craie blanche sur papier crème.

François Boucher "Femme nue allongée" vers 1740. Sanguine, pierre noire et craie blanche sur papier crème.

© The Horvitz Collection – Photo : M.Gould

Une collection "encyclopédique"

Aujourd’hui, la collection Horvitz représentent près de 1800 dessins et 35 sculptures du XVIIe,  XVIIIe et XIXe siècles avec des noms prestigieux : Watteau, David, Boucher, Greuze, Fragonard,  Bouchardon... Mais Jeffrey Horvitz ne fonctionne pas qu'au coup de coeur :  il s'est attaché à réunir "de façon encyclopédique" des oeuvres de tous les autres maîtres de la période. "Chacune répond à des critères raisonnés, privilégiant la qualité de l’œuvre, son format, son état de conservation et son caractère significatif pour l’histoire de l’art", peut-on lire dans le dossier de présentation. 

Collectionner oui, mais pour partager

Certains disent que Jeffrey Horitz est le plus grand collectionneur d’art français des Etats-Unis. Mais pas question pour lui de garder ces chefs d’œuvre enfermés dans un coffre fort : "L’art a besoin d’être vu pour exister" confiait-il en mars dernier au magazine Point de vue. "La plupart de mes œuvres sont en prêt notamment dans de jeunes musées qui n’ont pas encore de collection digne de ce nom".

Reportage : France 3 Paris Île-de-France - J. Mirande / N. Loncarevic / L. Comiot

La France du XVIIIe siècle

Ce n’est pas le cas du Petit Palais certes. Mais la collection Horvitz permet au musée de réaliser son projet de grande rétrospective autour de l’art du XVIIIe siècle. Deux expositions sont présentées : au premier étage, "Le Baroque des Lumières" et au rez-de-chaussée "De Watteau à David, la collection Horvitz" regroupent près de deux-cent tableaux offrant un large panorama de la période, le tout présenté par thèmes : portraits, sujets d’histoire, scènes galantes, paysages, études académiques, projets décoratifs, scènes de la vie quotidienne…

Autant de thèmes qui racontent le passé de la France mais aussi le rayonnement de notre pays et notamment de Paris au niveau artistique au XVIIIe siècle. "Tout le monde veut arriver à Paris pour participer aux salons, pour étudier" souligne Alvin L. Clark, le commissaire de l'exposition. "Tous les rois en Europe voulaient avoir un artiste français dans leur cour".

L’exposition du Petit Palais, divisée en 16 étapes, se veut à la fois chronologique et thématique. La scénographie s’inspire de la disposition architecturale d’un intérieur du XVIIIe avec ses enfilades de salons, de cabinets et d’alcôves.

Plusieurs conférences, des concerts baroques et des ateliers de gravure sont organisés en parallèle de l'exposition.