De 1969 à 1989 : "L’esprit français" de la contre-culture à La Maison Rouge

Par @Culturebox
Mis à jour le 27/02/2017 à 18H24, publié le 27/02/2017 à 17H33
Marie France, muse transsexuelle des années 70, l'un des symboles de "L'esprit français" 

Marie France, muse transsexuelle des années 70, l'un des symboles de "L'esprit français" 

© Capture d'image France3/Culturebox

La Maison Rouge, à Paris, accueille une exposition sur les contre-cultures des années 70 et 80, "L’esprit français". Anti-conformisme et contestation diffusés par Hara-Kiri, charme et provocation incarnés par la muse transsexuelle Marie France, violence des affiches, militance politique... Près de 700 œuvres réalisées par une soixantaine d’artistes sont présentées jusqu’au 21 mai.

"L’esprit français" est une exposition sur la culture underground de 1969 à 1989. Le public est invité à découvrir ou redécouvrir des artistes qui ont marqué la fin du 20e siècle par leur insolente liberté, leur esprit critique et contestataire.

Reportage : J. Mirande / N. Loncarevic / S. Barie


Marie France, figure de proue de "L’esprit français"

C’est la chanteuse Marie France, avec son clin d'oeil séducteur, qui recouvre l’affiche de l’exposition. Muse d’artistes comme Pierre et Gilles, comédienne pour Marguerite Duras, l’artiste est un symbole de cette époque. "Dans les années 70, j’ai été la mascotte de mouvements très révolutionnaires chez les femmes, comme chez les homosexuels", explique-t-elle lors de l’inauguration de l’exposition.

Marie France (1980), photo de Pierre et Gilles, utilisée pour l'affiche de l'exposition 

Marie France (1980), photo de Pierre et Gilles, utilisée pour l'affiche de l'exposition 

© Pierre et Gilles. Courtesy Pinault Collection

Sexe, violence et contestation politique

"L’esprit français" expose une soixantaine d’artistes, célèbres ou pas. Des post-soixante-huitards qui, à l’époque, veulent bousculer cette société encore très conformiste. Sexualité, militance et violence sont au cœur de cette exposition avec des photographies de Pierre Molinier, d’Alfred Courmes, des peintures de Pierre Klossowski, de Kiki Picasso, des tracts, des coupures de journaux, des affiches, des extraits de films, des vidéos….

Alfred Courmes, "L’Intervention de l’armée est demandée", 1969.

Alfred Courmes, "L’Intervention de l’armée est demandée", 1969.

© Musée d’Art Mode

Des œuvres rares 

Cette exposition, proposée par Guillaume Dessange et François Piron, est aussi l’occasion de découvrir des pièces rarement montrées comme les carnets du groupe Dziga Vertov (fondé par Jean-Luc Godard et Jean-Pierre Gorin), une sculpture monumentale de Raymonde Arcier ou "les livres d’école" d’Henri et Marinette Cueco.

Raymonde Arcier, "Au Nom du père", 1977.

Raymonde Arcier, "Au Nom du père", 1977.

© Raymonde Arcier, Courtesy de l’artiste