Daniel Buren à pied d'oeuvre pour sa Monumenta

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 03/05/2012 à 18H42
Daniel Buren en tenue de travail. Ici en 2011.

Daniel Buren en tenue de travail. Ici en 2011.

© Seyllou / AFP

A quelques jours de la cinquième édition de Monumenta qui ouvre ses portes ce jeudi 10 mai, l'artiste français Daniel Buren s'active sous la nef du Grand Palais. En combinaison blanche et gilet noir, il orchestre le montage de son oeuvre conçue spécialement pour ce monument parisien : une forêt de cercles colorés plantés sur de fins piliers noir et blanc. Après le vif succès remporté par la Monumenta d'Anish Kapoor l'an dernier (280.000 visiteurs en 40 jours), Daniel Buren s'apprête à relever le défi.

L'oeuvre, baptisée "Excentrique(s)", va occuper la quasi-totalité de la nef de 13.500 mètres carrés.

On y accèdera de côté, par une sorte de corridor de 180 mètres de long plongé dans une semi-pénombre. L'idée est de faire déboucher le visiteur d'un seul coup dans la nef où il sera alors "immergé dans la couleur". Le début de l'aventure artistique.

Une oeuvre colorée qui évolue au gré de la luminosité
Pour l'heure, les engins de chantier installent des cercles métalliques tendus d'une toile plastique (bleu, jaune, orange ou vert) sur des piliers. Progressivement, l'immense nef se teinte de couleurs, dont l'intensité varie avec la météo. 

Lorsque le temps est couvert, les tons sont pastels. Un rayon de soleil et les couleurs deviennent éclatantes. Le sol se teinte, les personnes présentes aussi. La nuit, l'oeuvre sera différente. Des projecteurs puissants balaieront l'espace, offrant une toute autre perception.

                  Un travail in situ de Daniel Buren à Luxembourg

Architecture, contre-architecture : transposition, travail in situ,  MUDAM, Luxembourg, 2010. Détail

Architecture, contre-architecture : transposition, travail in situ, MUDAM, Luxembourg, 2010. Détail

© © DB / ADAGP Paris
Une canopée de cercles de couleurs et des miroirs au sol
Le visiteur sera invité à se promener sous la canopée de ces cercles de couleur qui ont pour tronc 1.500 piliers métalliques noir et blanc de 2,50 mètres à 2,80 mètres de hauteur.  Elément central de l'oeuvre, la verrière de la nef, qui culmine à 35 mètres, est déjà quadrillée d'un film plastique bleu ciel.

Au centre, sous la verrière, les ronds colorés laisseront la place à une clairière formée d'une quinzaine de miroirs installés au sol, sur lesquels le
public pourra se mirer. 

Côté son, les noms des quatre couleurs seront chuchotées en 37 langues - berbère, swahili, serbe... - par des hauts-parleurs sophistiqués.

Un restaurant et sa cuisine seront installés au sein même de l'oeuvre, avec un mobilier en demi-cercle pensé par Buren. La librairie sera elle aussi partie intégrante de la réalisation.

                  Une oeuvre de Daniel Buren à Londres en 2011
One thing to another, travaux situés, Galerie Lisson, Londres, 2011.  Détail

One thing to another, travaux situés, Galerie Lisson, Londres, 2011. Détail

© © DB / ADAGP Paris
Daniel Buren se dit "intimidé"
"C'est objectivement très spécial car il n'y a pas dans le monde de plus grand espace d'exposition donné à un artiste que Monumenta", explique Daniel Buren , 74 ans, le père des fameuses "Colonnes de Buren" du Palais Royal.

"C'est très intimidant. C'est un très beau bâtiment, donc pour moi il est plus dangereux que si c'était une friche industrielle", confie l'artiste, qui a
réalisé près de 2.000 expositions dans le monde et a remporté le Lion d'or de la Biennale de Venise en 1986.

Pourtant pas d'anicroche: jusqu'ici, tout se passe comme Daniel Buren l'imaginait. Pas de mauvaise surprise. "Les couleurs se mélangent comme je l'espérais", dit-il.