Chine : un employé de musée remplaçait les œuvres par ses propres copies

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 22/07/2015 à 11H41
Des visiteurs face aux peintures de Wang Mengbai (gauche) et Qi Baishi, à l'occasion d'une ecposition consacrée aux maîtres de la peinture chinoise à Guangzhou, en mars 2014.

Des visiteurs face aux peintures de Wang Mengbai (gauche) et Qi Baishi, à l'occasion d'une ecposition consacrée aux maîtres de la peinture chinoise à Guangzhou, en mars 2014.

© LIANG XU / XINHUA

Un employé chargé de la conservation des peintures dans un musée du sud de la Chine a volé 143 œuvres d'art, les remplaçant par des copies réalisées par sa propre main, avant de se rendre compte un jour que ses contrefaçons étaient elles-mêmes remplacées par d'autres copies.

Xiao Yuan, archiviste en chef de l'Académie des beaux-arts de Canton, a livré cette étonnante confession devant un tribunal qui l'accuse d'avoir réalisé 35 millions de yuans bénéfices (5,15 millions d'euros) en revendant les toiles originales.

Des toiles de grande valeur

Parmi les artistes copiés et revendus par Xiao Yuan figurent le peintre Qi Baishi (1864-1957), dont le prix des oeuvres flirte avec les montants atteints par Picasso ou Andy Warhol.

Le faussaire, qui réalisait lui-même des peintures sur toile ou des calligraphies, a vendu 125 oeuvres aux enchères, les policiers en saisissant 18 autres à son domicile. L'homme de 57 ans a affirmé au tribunal qu'il n'était pas le seul à agir ainsi dans le musée.

Le copiste copié

"Durant l'enquête, les policiers m'ont montré des photos de mes copies et j'ai réalisé que certaines avaient été remplacées, car la qualité du travail de ces gens était très médiocre", a-t-il expliqué devant les juges, selon une séquence vidéo du procès rendue publique.

La maison de vente aux enchères China Guardian, deuxième plus importante de Chine, a confirmé compter parmi ses sources Xiao Yuan et avoir lancé des investigations sur les oeuvres vendues par son intermédiaire.
Les scandales liés aux contrefaçons sont courants dans le marché de l'art et les musées chinois.

En 2013, les autorités de la province du Hebei (nord) avaient ainsi ordonné la fermeture d'un musée rempli d'objets contrefaits, dont un vase orné d'une pieuvre hilare prétendûment daté de la dynastie Qing (1644-1911).