Chas Laborde, dessinateur de presse, témoin des années folles aux années sombres

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 23/04/2014 à 16H10
Chas Laborde

Chas Laborde

© Chas Laborde

Chas Laborde a tout croqué, les visages, les foules, la vie quotidienne. Ce dessinateur de presse est un formidable témoin du monde dans l’entre deux-guerre et le passage de l’Europe des années folles aux années sombres. Les rencontres du 9ème art à Aix-en- Provence sont une occasion unique de découvrir ses dessins. Une exposition à l’atelier Cézanne jusqu’au 27 avril 2014.

Paris, Londres, Berlin, Madrid, Moscou et enfin New York, plus qu'un dessinateur de presse, Chas Laborde est un témoin de son époque. Ses dessins racontent la période de l'entre deux-guerre et la montée des fascismes.

Né en 1886, Chas Laborde de son véritable prénom Charles se découvre une passion pour le dessin dès son plus jeune âge. On raconte même qu'il faisait le désespoir de ses professeurs tant il couvrait ses cahiers de dessins. Charles réalisait même des caricatures de professeurs, qu'il échangeait contre des jouets avec ses camarades.

Alors qu'il n'a que 14 ans, la revue "Le Rire" publie même l'un de ses dessins envoyé par la poste. Son frère ainé l'encourage dans cette voie et lui offre une boite de peinture. En 1903, Charles se cherche déjà un nom d'artiste. Il signera Ch. Laborde, Carlos Laborde, Carlos Edrobal, Carl Lab. Des noms à consonance latine car il était né et avait vécu une partie de son enfance à Buenos Aires. 


Reportage : V. Chenine/ S. Garat / E. Pirosa
Chas Laborde illustrateur et reporter-dessinateur
Chas Laborde a connu une belle carrière dans l'édition. Au début du vingtième siècle, les romans étant ponctués de dessins et de gravures, il a notamment illustré de nombreux ouvrages de Francis Carco, Mac Orlan ou encore Colette.

Mais la crise de 29, touche également l'édition. Les ventes de livres s'effondrent. Chas Laborde se tourne alors vers les journaux pour gagner sa vie. Pour la presse, Chas réalisera des reportages graphiques. "Le Petit Parisien, Paris Midi, Le Figaro, Paris-Match, Vanity Fair" publieront ses illustrations.
Chas Laborde USA

Chas Laborde USA

© Chas Laborde
Chas Laborde, peintre 
Le principal regret de Chas Laborde est de n'avoir pas été reconnu en tant que peintre; il s'en plaignait d'ailleurs à ses amis, sur un ton ironique mais qui cachait mal une peine véritable : "Ils ne veulent pas que je sois peintre !". Ses toiles ne seront jamais appréciées à leur juste valeur par les maitres à penser de l'art officiel. Ses tableaux ne trouve pas acheteurs. La critique ne fut pas tendre avec lui. Finalement, la blessure fut telle qu'il continua de peindre pour lui-même et refusa toujours de vendre ses toiles même à des proches.  
Peinture de Chas Laborde

Peinture de Chas Laborde

© Chas Laborde
Des airs de Toulouse Lautrec 
A son sujet, le romancier Jacques Sternberg déclarera qu'il est un Toulouse-Lautrec qui aurait osé descendre plus bas et plus profond dans la misère et le délabrement, un Toulouse-Lautrec moins artiste aussi, moins soucieux de rendre le hideux fascinant à regarder. Chas Laborde me semble moins chercher à plaire. Il voit sinistre, vénal, crasseux et l’exprime avec un ton doté d’une acuité sans aucune complaisance, avec un humour gris, proche de la révolte et du mépris."
 
« Chas Laborde » à l’Atelier de Cézanne
9 rue Paul Cézanne
Aix-en-Provence - Tél : 04 42 21 06 53
Tous les jours - Entrée gratuite