Charlie Hebdo : les humoristes et chansonniers perdent des "guides"

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 07/01/2015 à 17H05
Philippe Geluck en 2013

Philippe Geluck en 2013

© VILA -VSD/SIPA

"C'est toute la presse, toute la liberté d'expression qui est blessée", dit Philippe Geluck qui perd des "amis" et des "guides". Voici quelques unes des réactions d'humoristes, dessinateurs et chansonniers à la suite de l'attentat meurtrier perpétré ce 7 janvier à Charlie Hebdo, qui a fait au moins douze morts. Tous disent l'Incrédulité, l'effroi, la solidarité, l'amitié.

. Willem, dessinateur de Charlie-Hebdo et Libération (à l'AFP) : "C'est un journal qui a été décapité, comme en Syrie, en Irak... C'est unique au monde qu'un journal soit tué comme ça." "Ce ne sont pas que des collègues, ce sont des amis (...) Cabu c'est le caricaturiste le plus doué de sa génération, tout le monde l'imite".

"Morts pour des dessins" 

. Siné, dessinateur, ancien de Charlie Hebdo (communiqué lu à l'AFP): "Il  m'est impossible de mettre une idée devant l'autre depuis que j'ai appris la nouvelle. J'ai l'impression d'avoir reçu un immeuble de six étages sur la tronche. A mon âge j'avais déjà eu l'occasion de perdre quelques bons copains... mais quatre d'un coup, Tignous, Wolinski, Charb, Cabu, assassinés par des  fous, des malades, trop c'est trop. C'est insupportable, c'est abominable, c'est inhumain. Il n'y a pas de mot pour décrire mon effondrement, ma peine (...) Toute l'équipe de Siné Mensuel est tout aussi effondrée que moi."
. Anne Roumanoff (sur Twitter) : "Morts pour des dessins... Merci à vous Wolinski, Cabu, Charb et Tignous pour votre humour et votre liberté d'expression. îEmotion îChagrin"
. Laurent Gerra (sur RTL): "Je suis bouleversé. Je pense au sourire de  Cabu. C'est impossible de ne pas être révolté (...) Cabu c'est la liberté,  c'est la joie de vivre... Il est mort en héros parce que lui ne s'est jamais  voilé la face, contrairement à ceux qui sont entrés lâchement... Ils sont morts  en héros dans une forme de liberté de la presse, de la plume, du dessin, de la  satire, du non-respect des lois mais en respectant la liberté. On s'attaque à  la liberté, on s'attaque au dessin, à l'humour, on s'attaque à quelque chose  d'iconoclaste."
. Philippe Geluck (sur RTL) : "Je suis effondré, je ressens à peu près les mêmes choses que j'ai pu ressentir le 11 septembre lors des attentats de New York. J'ai l'impression qu'il y aura un avant et un après 7 janvier. Il y a d'abord la peine de perdre des amis, des grands maîtres de mon métier. Siné, Cabu et Wolinski sont des gens qui m'ont donné envie de faire ce métier, qui  ont été des guides pour moi, puis Charb et Tignous étaient des amis, des gens d'un talent fou, je suis révolté. Ils sont l'avant-poste de la liberté de la presse, alors c'est sûr qu'ils ont fait des choses extrêmement gonflées à certains moments. C'est sûr qu'ils ont provoqué mais c'est leur métier aussi et c'est la noblesse de la presse satirique, mais c'est toute la presse, c'est toute la  liberté d'expression qui est blessée."

"La bêtise a encore gagné"

. Régis Mailhot (sur RTL) : "Fini de rire (...) Ce sont avant tout des artistes, des caricaturistes donc leur métier : c'est le nôtre, celui d'être des libres penseurs et s'attaquer à ce symbole c'est pire que tout (...) C'est atroce, l'acte est atroce. Charb se savait forcement en danger. Il revendiquait sa liberté, on l'avait reçu avec nos camarades de la revue de presse de Paris  Première parce qu'on voulait soutenir Charlie des difficultés financières et il était arrivé avec ses gardes du corps mais ça l'empêchait pas de vivre, c'était d'abord sa liberté. Charlie n'est pas un journal comme les autres. Ca fait partie de cette vraie tradition de la caricature de la libre pensée. Je pense que la bêtise a encore gagné."
. Gérald Dahan (sur Facebook): "On va tous se réunir et continuer à défendre notre liberté d'expression (...) Quel gâchis. Le pays tout entier es  bouleversé. Ma peine est immense."
. Jean-Jacques Peroni (sur RTL) : "On a buté l'intelligence, des gens qui étaient intelligents, qui faisaient rire avec intelligence. Voltaire, on l'emprisonnait. Aujourd'hui on le bute, c'est dégueulasse."