C'est tendance : le salon du dessin au Palais Brongniart

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 29/03/2012 à 10H38
Gian Domenico Tiepolo: Un centaure prêt à enlever une jeune fille. Vers 1755. Plume, encre et lavis brun. 270 x 190 mm.

Gian Domenico Tiepolo: Un centaure prêt à enlever une jeune fille. Vers 1755. Plume, encre et lavis brun. 270 x 190 mm.

© Courtesy galerie Damiano Lapicirella et Francesca Antonacci.

Le palais de la Bourse propose son désormais célèbre salon du dessin du 28 mars au 2 avril: 39 galeries exposent leurs plus belles feuilles du XIIIe siècle à nos jours.

Paris capitale mondiale du dessin avec trois salons : le palais Brongniart, autrement dit la Bourse, le carrousel du Louvre et l’ Atelier Richelieu. Problème, les trois sont intéressants. Je vais donc essayer de vous parler de tous sur ce blog. Une chose est sûr, le dessin est très tendance. Longtemps considéré comme une étape sur le chemin créatif que l’on hésitait à exposer, il est aujourd’hui reconnu comme une œuvre d’ art à part entière et il est même de plus en plus exposé et demandé, car le dessin c’est le geste, avec ou sans précision, mais souvent avec beaucoup de liberté, ce dessin de Schiele en est un exemple parmi d' autres.

Egon Schiele: Nu incliné en bas violets. 1910. Gouache,aquarelle et crayon noir. 449 x 316 mm.

Egon Schiele: Nu incliné en bas violets. 1910. Gouache,aquarelle et crayon noir. 449 x 316 mm.

© Richard Nagy Ltd, London.
 

De plus, le dessin est fréquemment de petite taille, il se glisse donc facilement dans les appartements contemporains tout en conservant sa place dans les belles demeures. Le salon du dessin est né à Paris en 1991. Cette année le palais Brongniart accueille 39 galeries, 18 françaises et 21 étrangères. Hervé Aaron, son président depuis 1998, précise: « Outre nos exposants qui sont de plus en plus nombreux à venir de toute l’Europe et des États-Unis, nous avons le plaisir d’ accueillir au salon du dessin de plus en plus de clients ».

Sous le décor exceptionnel du palais de la Bourse, je découvre les belles feuilles des écoles françaises, italiennes, anglaises et nordiques du XIII siècle à nos jours : une petite sensation de vertige face à la qualité des oeuvres exposées et à  tous ces cadres dorés d'un autre temps mais sans doute rassurant pour la clientèle....Mais certains dessins mériteraient que l on ose un autre encadrement. Mon oeil est attiré par une petite merveille à la galerie allemande Bellinger Kunsthandel: Une petite tête de jeune fille de François Boucher. Observez cette mouche au coin de l'oeil, cette finesse des cheveux, ce plissé de l' oreille, cette oeil innocent mais déjà curieux et ces petits doigts boudinés typiques de l' époque.

François Boucher: Tête de jeune fille tenant une rose. Pierre noire et craies sur papier chamois.

François Boucher: Tête de jeune fille tenant une rose. Pierre noire et craies sur papier chamois.

© Courtesy galerie Bellinger Kusnthandel.

A quoi rêve cette jeune fille? Est-elle aussi innocente qu'il y paraît?... La galerie Jean Luc Baroni implantée à Londres présente une sanguine de  Watteau où l'arrondi du motif du fauteuil répond à l'arrondi des mains de la ravaudeuse, le plissé de la robe s'oppose à l'architecture rectangulaire du fauteuil. Cette sanguine discrète est en fait une étude préparatoire pour un tableau perdu.

Antoine Watteau: La ravaudeuse . Sanguine. 218 x 178 mm.

Antoine Watteau: La ravaudeuse . Sanguine. 218 x 178 mm.

© Courtesy galerie Jean luc Baroni.

Tout à fait autre chose à la galerie de Bayser : cette étude anatomique de Rodin qui se révèle être d'une grande modernité à tel point qu'elle ne choquerait pas au salon du dessin contemporain : Chic dessin.

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Tiens, une surprise chez Brame et Lorenceau: trois feuilles de bambou de Victor Brauner. Cela me donne envie de voyager.

Victor Brauner: Trois feuilles chamaniques. 260 x 40 mm par feuille. Encre et gouache.

Victor Brauner: Trois feuilles chamaniques. 260 x 40 mm par feuille. Encre et gouache.

© Courtesy galerie Brame et Lorenceau.

La galerie de France surprend avec un album rare de 24 dessins de l'artiste russe Viktor Pivovarov dont cette feuille pleine d'imagination.

Viktor Pivovarov: Paraboles. 2007. 350 x 230 mm.

Viktor Pivovarov: Paraboles. 2007. 350 x 230 mm.

© Courtesy galerie de France.

Je me retourne et remarque un dessin que j'ai déjà vu lors d' une exposition sur les peintres belges à Bordeaux. Un magnifique dessin de Léon Spilliaert qui capte le regard.

Léon Spilliaert: Digue et plage. 1907. Encre de Chine, lavis et crayons de couleurs. 639 x 194.

Léon Spilliaert: Digue et plage. 1907. Encre de Chine, lavis et crayons de couleurs. 639 x 194.

© Luc Schrobiltgen, Bruxelles.

C'est la galerie Patrick Derom qui le propose. Un jeux de gris incroyable pour donner naissance à une lumière bien mystérieuse. J'ai du mal à quitter cette plage à la beauté étrange.

Tout au fond de l' alllée pricipale je découvre une exposition dans l'exposition: les dessins du Mont-de-Piété de Bergues. Il s 'agit en fait d'un legs du peintre, restaurateur de tableaux et, marchand Pierre-Antoine Verlinde:1500 feuilles du XV au XIXe européen. Un exemple: cette très belle tête de femme de Sebastiano del Piombo (1485-1547).

Sébastiano del Piombo : Tête de femme tournée vers la gauche, vue de trois-quarts. Fusain et craie blanche.

Sébastiano del Piombo : Tête de femme tournée vers la gauche, vue de trois-quarts. Fusain et craie blanche.

© Courtesy musée du Mont-de-Piété de Bergues.

J'arrive devant la galerie Normand : cette toute petite tête de Delacroix vient d' être vendue. Combien? Mystère. Ah si j' avais eu les moyens...elle est attachante avec ce regard si présent et en plus c'est celui de Delacroix lui même.

Eugène Delacroix: Eugène Delacroix par lui même. 1832. Mine de plomb sur papier.

Eugène Delacroix: Eugène Delacroix par lui même. 1832. Mine de plomb sur papier.

© Thierry Normand.

Pas de doute à la bourse j'ai découvert quelques valeurs sûres...on peut miser dessus. Ces dessins pourraient même être aujourd'hui des valeurs refuges... Et puisqu'on parle argent, le ticket d' entrée de 15 euros me semble un peu élevé.

 

Palais de la Bourse: Place de la Bourse. 75002 Paris.

Du 28 mars au 2 avril: 12h- 20h30.

Entrée 15 euros.

http://www.salondudessin.com/