Bordeaux veut faire de sa base sous-marine un haut lieu culturel

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 28/06/2016 à 18H14
La base sous-marine de Bordeaux le 22 juin 2016.

La base sous-marine de Bordeaux le 22 juin 2016.

© Guillaume Bonnaud/PHOTOPQR/SUD OUEST/MAXPPP

La mairie de Bordeaux a décidé de faire de son ancienne base sous-marine, bâtiment pharaonique et indestructible construit dans le nord de la ville, en bord de Garonne, par les Allemands pendant la seconde Guerre mondiale, un de ses lieux culturels phares.

La base sous-marine, c'est un gigantesque bunker de 19 mètres de haut et 42.000 m2 au sol pour une surface utile de 36.000 m2, bientôt consacrés entièrement à la culture et à l'art contemporain. 

Bâtie par les Allemands pendant la guerre, la base a déjà eu une vocation artistique depuis les années 2000

Cette base sous-marine, construite par la Kriegsmarine sur le même modèle que celles de Brest, Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) et La Rochelle, avait été achevée en seulement 19 mois par quelque 6.500 ouvriers, volontaires ou forcés. Avec ses 600.000 m3 de béton, elle pouvait accueillir jusqu'à quinze sous-marins et avait résisté aux multiples bombardements alliés.
Exposition Robert Capa à la base sous-marine de Bordeaux en 2005.

Exposition Robert Capa à la base sous-marine de Bordeaux en 2005.

© S. LARTIGUE/PHOTOPQR/SUD OUEST

Longtemps fermée et inutilisée, la base a connu plusieurs occupants épisodiques, des artistes puis des ouvriers de chantier lors d'une première phase de rénovation en 1998. En 2000, l'ex-directrice Danièle Martinez investit les lieux et lui donne sa vocation de lieu artistique avec des expositions temporaires et des oeuvres souvent monumentales.

Le nouveau projet pour la base 

"Il faut faire des expositions, des choses formidables ici, mais il y a des travaux d'un coût extrêmement élevé", alors que la base coûte déjà au total un million d'euros par an à la Ville (entretien, investissements, salaires, etc.), a souligné Fabien Robert, adjoint à la culture, lors d'une conférence de presse organisée le 27 juin sur place. "L'annexe restera un lieu d'exposition municipal tourné vers des formes émergentes et novatrices", a également indiqué Fabien Robert. Des oeuvres jouant avec la vidéo, comme actuellement avec l'artiste JR pour son exposition "Ellis", du video-mapping (projection d'images vidéo sur tous types de volumes) ou encore à des oeuvres sonores et des performances.
"Jazz à la base" en 2006 à la base sous-marine de Bordeaux. L'entrée de la base est ornée d'une sculpture nommée "Gulliver" de l'artiste Michel Lecoeur.

"Jazz à la base" en 2006 à la base sous-marine de Bordeaux. L'entrée de la base est ornée d'une sculpture nommée "Gulliver" de l'artiste Michel Lecoeur.

© JEAN-PIERRE MULLER / AFP

Avec un pic à 120.000 visiteurs en 2014, la Ville espère attirer encore davantage de public, à la faveur des gigantesques travaux de rénovation urbaine en cours dans le quartier, et vise "250 à 300 jours d'ouverture par an".