Biennale : Une terrible beauté est née à Lyon

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 15/09/2011 à 10H32
Biennale : Une terrible beauté est née à Lyon

Biennale : Une terrible beauté est née à Lyon

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La 11ème édition de la Biennale d'art contemporain de Lyon est ouverte au public du 15 septembre au 31 décembre 2011. La Sucrière, La fondation Bullukian, le Musée d'Art contemporain de Lyon et l'Usine T.A.S.E. offrent 13 000 m2 de lieux d'expositions et rassemblent les oeuvres de 78 artistes venus pour l'essentiel d'Europe, mais aussi d'Afrique et d'Amérique Latine.              

Le doute : c'est le mot d'ordre de cette onzième biennale lyonnaise d'art contemporain placée sous la direction de la commissaire argentine Victoria Noorthoorn, avec le concours du directeur du Musée d'Art Contemporain de Lyon,  initiateur et directeur de la Biennale, Thierry Raspail. Pour aiguiller cette réflexion sur l'art, Victoria Noorthoorn s'est appuyée sur un poème de William Butler Yeats écrit en 1916 à propos du soulèvement des irlandais contre le joug britannique. Ce poète et dramaturge, né en 1865 près de Dublin et décédé en 1939 en France à Roquebrune-Cap-Martin,  a reçu le Prix nobel de littérature en 1923. Fondateur du mouvement du renouveau littéraire de la littérature irlandaise en 1896, il est l'un des porte-drapeaux intellectuel du nationalisme irlandais. Toutefois dans ce poème intitulé "Pâques, 1916"
l'écrivain exprime ses doutes. Si le poème semble rendre hommage aux martyrs du soulèvement contre la couronne britannique, un second niveau de lecture montre que l'intellectuel doute et qu'il s'interroge sur cette terrible beauté qu'il a vu naître. Cinq jours après l'insurrection du 24 avril 1916 à Dublin, les velléités d'indépendance des catholiques irlandais sont noyées dans le sang par l'armée britannique et poursuivie dans tout le Royaume, faisant 400 morts et provoquant des milliers d'arrestations. Ce doute qui assaille le poète sur l'utilité de ce bain de sang et ses conséquences sur l'avenir, est pour ainsi dire le même que celui qui opposera plus tard Kaliayev à Stepan dans "Les Justes" d'Albert Camus. Le poème oscille entre affirmation, interrogation et négation sans jamais prendre partie. Qu'est ce que l'art ? Qu'est ce que la beauté ?  As t'on le recul nécessaire pour en juger ? Plutôt que de répondre à ces questions, la commissaire veut que cette 11ème Biennale soit l'occasion de s'interroger, de se contredire, de proposer en toute liberté, sans avoir à adopter un point de vue figé sur le présent et sur un futur que nul ne connaît.         

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