B comme Belgique et comme... Brésil, c'est le festival Europalia .

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 14/10/2011 à 11H03
  • Nicolas Antoine Taunay : l'entrée de la baie de la ville de Rio (détail) 1816
  • L'entrée de la baie de Rio: Taunay. 1816
  • "Un dîner brésilien" - Jean-Baptiste Debret. 1827.
  • Esclave avec masque - Jean Baptiste Debret. 1820-1830.
  • Modesto Brocos - La rédemption de Cham. 1895.
  • Emiliano Di Cavalcanti - Samba. 1925.
  • Tarsila do Amaral - Antropofafia. 1929.
  • Alfredo Volpi - sans titre. 1950.
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  • Nicolas Antoine Taunay : l'entrée de la baie de la ville de Rio (détail) 1816
    Nicolas Antoine Taunay peint Rio, reconnaissable au pain de sucre. Mais, curieusement, la ville ressemble à une cité italienne. Felix Emile Taunay vient d'arriver sur place, il rêve encore le Brésil plus qu'il ne le montre .   © DR
  • L'entrée de la baie de Rio: Taunay. 1816
    Si le pain de sucre évoque Rio, la ville paraît italienne. Taunay rêve encore le Brésil plus qu' il ne le montre. © DR
  • "Un dîner brésilien" - Jean-Baptiste Debret. 1827.
    Dans cette aquarelle de 15,5 x 19 cm, Jean Baptiste Debret décrit dans le détail le racisme et l'esclavagisme au quotidien. Les petits enfants noirs ont le droit aux miettes alors que les mets s'accumulent sur la table . © DR
  • Esclave avec masque - Jean Baptiste Debret. 1820-1830.
    Debré peint la muselière en fer que tout esclave devait porter après une tentative de suicide, généralement en avalant de la terre. Le peintre insiste également sur le costume et le pantalon déchiré. © DR
  • Modesto Brocos - La rédemption de Cham. 1895.
    Ce tableau est ouvertement raciste : la mère noire lève les bras au ciel et le remercie d'avoir une fille métisse qui a épousé un jeune homme blanc, tandis que l'enfant fait quasiment un geste de bénédiction et évoque les enfants des peintures baroques italiennes du XVII siècle.  © DR
  • Emiliano Di Cavalcanti - Samba. 1925.
    Emiliano Di Cavalcanti est le peintre des rues de Rio de Janeiro. Cette huile évoque la sensualité et la musique, les deux étant très présentes et importantes dans la culture brésilienne. Pour le montrer il place les deux femmes au milieu des musiciens et tous les personnages s'entrelacent . © DR
  • Tarsila do Amaral - Antropofafia. 1929.
    Cette toile montre bien la préoccupation de Tarsila do Amaral : avoir à la fois un regard vers l' extérieur et "digérer" les nouveaux mouvements artistiques mondiaux. Et dans le même temps retourner aux racines du Brésil profond. © DR
  • Alfredo Volpi - sans titre. 1950.
    Volpi a commencé à peindre des façade et des toits, puis il a simplifié la forme pour arriver à un petit drapeau. Il en peindra une multitude de toutes les couleurs et ce faisant il a ouvert la voie à l'abstraction brésilienne.  © DR

Le festival "Europalia.Brasil" célèbre la culture brésilienne dans toutes sa diversité et sa créativité. 6oo événements culturels en Belgique et dans les pays limitrophes, 24 expositions dont la plus importante, "Brazil.Brasil", raconte l'histoire de ce pays dynamique et complexe à travers sa peinture.

Diversité

Le Brésil se résument souvent à quelques clichés : la samba, le carnaval, le football, la violence. Mais le Brésil est beaucoup plus riche et a toujours été une terre d’un extrême métissage de populations et de cultures. Cela se résume en un mot : «la diversidade ». C’est aussi le thème principal du festival « Europalia.Brasil » qui se tient jusqu’au 15 Janvier en Belgique - surtout à Bruxelles - et en France. 24 expositions, de la musique, de la danse, des films, des rencontres littéraires et du théâtre. Avec près de 200 millions d’habitants, le Brésil est une des nations les plus peuplées et les plus métissées du monde : des populations d’origine, des héritiers des colons européens aux indiens d’Amazonie, des afro-brésiliens aux très nombreux immigrés japonais, libanais, italiens, chinois, belges, français, allemands, le Brésil vit et se développe selon le principe d’assimilation ; les experts parlent même « d’anthropophagie ». L’histoire de l’art brésilien témoigne de cette mosaïque et de cette ouverture d’esprit ; sans oublier pour autant la période de l’esclavagisme.

Le rôle des français

L’exposition « Brazil . Brazil » (à l’époque coloniale on écrivait  Brésil avec un Z) au Palais des Beaux Arts de Bruxelles dresse un parcours des différentes visions des artistes brésiliens sur leur pays. Le Brésil a été découvert en 1500 par le Portugais Pedro Alvarez Cabral. En 1808, la famille régnante portugaise fuit l’occupation du Portugal par Napoléon et se réfugie à Rio. Quelques années plus tard, le Brésil est rattaché au Portugal. Il faudra attendre 1822 pour que le roi Don Pedro proclame l’indépendance du Brésil. Mais en fait, le Brésil doit beaucoup à la France et notamment à la mission artistique française de 1816 qui permit à l’art brésilien de se développer et de s’émanciper.

L’esclavagisme

Mais les aventuriers scientifiques français ont aussi découvert l’esclavagisme. Certains esclaves ayant tenté de se suicider en mangeant de la terre étaient obligés de porter une muselière en fer. Le peintre  français Jean Baptiste Debret dessinera le quotidien des esclaves dans ses moindres détails. L’esclavagisme a été aboli en 1888 et la république proclamée un an plus tard. L’exposition « Brazil.Brasil » présente aussi quelques tableaux d’époque ouvertement racistes, à la gloire des blancs et de leur fortune.

Nouvelle ère

L’abolition de l’esclavagisme aura une conséquence économique et artistique imprévue. Elle redéfinira la main d’œuvre… Trois millions d’individus, italiens et allemands, entrent au Brésil.  Le pays s’ouvre au monde, les échanges artistiques se multiplient, les artistes brésiliens découvrent l’Art Nouveau et le Cubisme. Et de nombreux artistes européens arrivent à Rio. En 1922, les artistes brésiliens tapent du poing et déclarent : « Nous sommes les primitifs de l’art moderne ». Une façon de dire que, s'ils souhaitent découvrir le monde et tous les courants artistiques nouveaux, ils veulent aussi replonger dans les valeurs profondes du Brésil. Une femme de caractère va marquer l’art brésilien : Tarsila do Amaral , tandis qu’un autre artiste, Volpi, ouvre la voix à l’abstraction brésilienne, en peignant des petits drapeaux. Cette abstraction se développera de 1964 à 1985, sous le régime militaire, car les artistes n’auront désormais pas d’autre choix pour dire ce qu’ils ressentent... Pour tout savoir sur le Brésil : direction la Belgique. Vamos la.

Palais des Beaux Arts 23 rue Ravenstein à Bruxelles.
Mardi-Dimanche: 10.00 / 18h00.Jeudi: 21h00.
Jusqu'au 15 janvier 2012


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