Au musée de l'immigration, François Hollande lance la semaine contre le racisme et l'antisémitisme

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 21/03/2016 à 14H29
François Hollande au musée de l'immigration dans le cadre de la semaine contre le racisme et l'antisémitisme, mars 2016

François Hollande au musée de l'immigration dans le cadre de la semaine contre le racisme et l'antisémitisme, mars 2016

© IP3 PRESS/MAXPPP

Des collégiennes venues présenter leur slam ne s'attendaient pas à rencontrer François Hollande, lundi, au musée de l'immigration. Le musée organise des spectacles, débats, exposition d'art contemporain et ateliers pour "mobiliser et sensibiliser le public et les jeunes". François Hollande y était l'invité surprise dans le cadre de la semaine de lutte contre le racisme et l'antisémitisme.

Sur l'écran, le petit film réalisé par les trois collégiennes du XVIIIe arrondissement défile -un slam à la réalisation très professionnelle, autour d'un refrain scandant que "les origines les couleurs on n'en parle pas, le vivre ensemble c'est le plus grand des combats". "C'est la parole des jeunes qui a été mise en musique et en mots, c'est leur travail, et c'est sans doute pourquoi leur message est aussi fort, parce  qu'il est ressenti", lance François Hollande après la projection. "Il faut que vous soyez partie prenante, vous les jeunes, c'est vous qui allez décider de notre avenir commun", ajoute-t-il.

Assises sur le podium, Fatou, Amina et Neiba, âgées de 12 à 13 ans, sont visiblement émues. L'arrivée du président a été saluée par des cris d'incrédulité dans la salle emplie de jeunes. Sur la scène, Najat Vallaud-Belkacem vient de donner le micro à Fatou, l'une des trois slameuses, pour la faire témoigner de cette banalisation de la parole raciste;
- Tu t'es habituée à ça?
- Ben plutôt. A la récré on en parle, on rigole...
- Est qu'il t'arrive, à toi, de dire des mots un peu blessants?
- Oui...
- C'est ça le problème, c'est qu'on est souvent victime et auteur", ajoute la ministre.

Quand on lui demande s'il écoute du slam, François Hollande répond par une pirouette. "J'en avais fait une qui avait eu un certain succès", dit-il, en allusion à l'anaphore "moi Président" qui avait marqué le dernier débat de campagne. Improvisé? "Totalement", assure le président. Mais "maintenant j'y mettrais quelque musique aussi". 

François Hollande était l'invité surprise de la cérémonie organisée pour le lancement de la "semaine d'éducation et d'actions contre le racisme et l'antisémitisme", qui doit fédérer 300 initiatives du 21 au 28 mars. Le musée de l'immigration organise des spectacles gratuits, débats, exposition d'art contemporain et ateliers pour "mobiliser et sensibiliser le public et notamment les jeunes". "Nous devons mettre cette journée à notre agenda de toute l'année. Il y a toujours eu dans notre pays des tentations de division, de séparation, de confrontation, mais en même temps il y a une aspiration très forte, celle sur laquelle nous devons travailler, qui est celle de l'unité et du rassemblement", a déclaré M. Hollande à la presse.

Alors que le 21 mars est décrété "journée internationale de lutte contre le racisme", le gouvernement a lancé depuis dimanche 20 mars une campagne télévisée autour du mot #TousUnisContrelaHaine, avec six spots choc mettant en scène des agressions inspirées de faits réels, mises en parallèle de conversations reprenant des clichés banalement racistes. "Il est très important aussi de montrer que des mots peuvent conduire à des gestes et les gestes à des actes de haine, et qu'il faut d'abord condamner le premier mot", a estimé François Hollande.