Ai Weiwei brandit sa jambe pour critiquer les armes

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 18/06/2014 à 09H11
Ai Weiwei met sa jambe en joue pour critiquer les forces de sécurité chinoises

Ai Weiwei met sa jambe en joue pour critiquer les forces de sécurité chinoises

© capture écran Instagram

Des milliers d'internautes du monde entier se photographient en train d'"épauler" une arme non létale, leur propre jambe, imitant un geste de l'artiste chinois Ai Weiwei en référence à l'actuelle campagne antiterroriste en Chine.

L'artiste iconoclaste et pacifiste, bête noire des autorités chinoises, a publié un cliché où on le voit, en short, chaussettes noires et chapeau de paille, mettre en joue une cible imaginaire en tenant dans ses mains sa jambe, comme un fusil.
 
Ai Weiwei, très actif sur les réseaux sociaux, a créé un "mème", ainsi que l'on appelle ces phénomènes repris et déclinés en masse sur l'internet, avec le hashtag "gunleg".
"gunleg", une campagne lancée par Ai Weiwei
 
Une sélection de photos sur Instagram
Il a lui-même sélectionné et mis sur son compte Instagram une sélection de photos prises aux quatre coins de la planète et représentant des internautes dénonçant le recours aux armes à feu avec ce geste moqueur.
 
En Chine, où Instagram n'est pas censuré contrairement à Facebook ou Twitter, de nombreuses personnes ont aussi publié leur photo sur leur compte de microblogs ou l'ont envoyée grâce à WeChat, une application mobile de messagerie très populaire en Chine.
 
L'imagerie patriotique maoïste a même été détournée sur des affiches où les soldats de l'Armée populaire de libération brandissent leur jambe à la place de leur fusil.
 
Une critique des forces de sécurité
Ai Weiwei a souvent par le passé critiqué l'omniprésence et l'omnipotence des forces de sécurité en Chine et ses oeuvres d'art véhiculent des messages libertaires qui hérissent le pouvoir.
 
Confrontée à des attaques perpétrées par des militants de la région musulmane du Xinjiang, la Chine a récemment lancé une campagne de répression musclée alliant vagues d'arrestations de suspects, procès sommaires, voire exhibition publique de condamnés.
 
Lundi, quelques heures après la condamnation à la peine capitale de trois "terroristes" du Xinjiang, les médias chinois ont annoncé l'exécution de 13 autres personnes de la région, également pour "terrorisme".