Affaire Picasso : 2 ans de prison avec sursis pour les Le Guennec

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 20/03/2015 à 10H57
Les Le Guennec, au procès le 10 février 2015, à Grasse

Les Le Guennec, au procès le 10 février 2015, à Grasse

© VALERY HACHE / AFP

L'ex-électricien Pierre Le Guennec et son épouse Danielle ont été condamnés vendredi à 2 ans de prison avec sursis pour le recel de 271 œuvres volées de Picasso entreposées pendant 40 ans dans leur garage du sud de la France.

Les oeuvres, saisies par la justice, vont être remises à l'administrateur de la Picasso Administration, Claude Ruiz-Picaso, qui représente tous les héritiers, a annoncé vendredi le président du tribunal correctionnel de Grasse, Jean-Christophe Bruyère.

Lors du procès en février, le ministère public avait requis cinq ans de prison avec sursis à l'encontre du couple de retraités de Mouans-Sartoux  (Alpes-Maritimes). Les époux septuagénaires ont porté préjudice à "la confiance" et à "la mémoire" de Pablo Picasso, avait estimé le procureur Laurent Robert, tout en appelant à une sanction équilibrée pour des prévenus "totalement dépassés" et qui "n'ont pas gagné d'argent avec cette affaire".
Le couple a soutenu que les 271 oeuvres empilées dans un carton durant quarante ans sont un cadeau de Jacqueline Picasso, dernière épouse de l'artiste, fait en 1971 ou 1972 dans son mas de Mougins. 

En septembre 2010, Pierre Le Guennec et son épouse avait fait le voyage à Paris pour présenter son trésor à Claude Picasso, en charge de l'authentification et du droit moral des oeuvres. Les six héritiers de l'artiste avaient immédiatement porté plainte.

271 oeuvres de l'électricien qui s'échelonnent entre 1900 et 1932

Durant le procès, les 271 oeuvres de l'électricien -qui s'échelonnent entre 1900 et 1932- ont été projetées sur un écran du tribunal. Dévoilant quelques pépites : des dessins stylisés de femmes et de chevaux, neuf collages cubistes très rares de l'époque de sa collaboration avec Georges Braque, une étude de la "période bleue" ou encore des oeuvres plus intimes comme des études de sa maîtresse Fernande, des dessins de sa première femme Olga ou un petit cheval découpé réalisé pour ses enfants...

Aucune oeuvre n'est signée ou dédicacée, une façon pour l'artiste de se protéger des vols dans ses ateliers, ont indiqué des témoins, comme Gérard Sassier, fils d'Inès, femme de chambre de l'artiste durant 34 ans.

Lors du procès Catherine Hutin-Blay, fille de Jacqueline Picasso et seule héritière à avoir connu personnellement l'électricien, a admis qu'il avait une position privilégiée au mas Notre-Dame-de-Vie à Mougins, dernière demeure de l'artiste décédé en 1973. "On lui faisait vraiment confiance. C'était quelqu'un qui était très familier dans la maison", a-t-elle décrit. Confirmant ainsi les dires de Pierre Le Guennec: "Picasso avait une confiance absolue en moi", "Monsieur et Madame m'appelaient petit cousin".