Vol de toiles au Musée d'art moderne de Paris : 7 à 10 ans de prison requis

Par @Culturebox
Mis à jour le 03/02/2017 à 14H56, publié le 03/02/2017 à 14H47
Mai 2010, Musée d'art moderne de Paris : les policiers enquêtent sur le vol des toiles de maître.

Mai 2010, Musée d'art moderne de Paris : les policiers enquêtent sur le vol des toiles de maître.

© Philippe de Poulpiquet/PHOTOPQR/LE PARISIEN

Des peines de sept à dix ans de prison, assorties des amendes maximales, ont été requises vendredi 3 février contre trois hommes pour le casse le plus spectaculaire de ces dernières années, le vol de cinq toiles de maître au Musée d'art moderne de Paris en 2010.

Cinq merveilles de Picasso, Matisse, Modigliani, Braque et Léger ont été volées dans la nuit du 20 mai 2010, sans déclencher aucune alarme, et restent à ce jour introuvables. Ces disparitions ont "porté atteinte au patrimoine de l'humanité", pour la procureure Anaïs Trubuilt.

Pour Vjéran Tomic, dit  "l'homme-araignée", dix ans de prison requis 

La peine la plus lourde a été requise à l'encontre de Vjéran Tomic, dit  "l'homme-araignée", 49 ans : le parquet demande dix ans de prison, 300.000 euros d'amende et une interdiction d'exercer toute activité dans la vente de bijoux et d'oeuvres d'art pendant cinq ans. Tomic, un as de la varappe doublé d'un voleur talentueux, avait reconnu le vol dès son arrestation. Le cambrioleur, dont "le professionnalisme frise l'excellence", "n'a rien d'un gentleman" avec ses quatorze condamnations au casier, dont plusieurs vols avec violence, relève la procureure.

Contre Jean-Michel Corvez, un antiquaire de 61 ans pour qui Tomic avait déjà "fait des coups" et qui lui avait passé la commande d'un Fernand Léger, la procureure a demandé 8 ans de prison et 150.000 euros d'amende, ainsi que la confiscation de sa propriété et une interdiction d'exercer dans le commerce d'oeuvres d'art pendant cinq ans.

Huit et sept ans de prison requis pour les deux receleurs

L'accusation décrit cet homme élégant comme un délinquant chevronné, à "l'absence totale de culpabilité": il a refusé de donner l'identité de son commanditaire -- un riche Saoudien selon ce que Tomic a entendu dire --, n'a cessé de chercher à minimiser son rôle, reconnaissant à peine avoir relayé "une demande -- et pas une commande" pour un tableau de Fernand Léger.

Sept ans d'emprisonnement et 150.000 euros d'amende ont été réclamés à l'encontre de Yonathan Birn, 40 ans, un horloger qui avait recelé les toiles avant, dit-il, de "s'en débarrasser" : un "menteur" inlassable, dont les larmes sont "des secousses pour amadouer le tribunal", épingle l'accusation. La procureure a demandé à l'encontre de ces trois hommes, des "associés"  qui comparaissent libres, des mandats de dépôt à l'audience.