Un Sade plus sage et plus intime aux enchères mercredi à Paris

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 14/06/2016 à 17H59
Franchise et trahison, L'égarement de l'infortune et L'union des arts ou les ruses de l'amour: trois drames du Marquis de Sade mis en vente mercredi 15 juin.

Franchise et trahison, L'égarement de l'infortune et L'union des arts ou les ruses de l'amour: trois drames du Marquis de Sade mis en vente mercredi 15 juin.

© hôtel Drouot

L'hôtel Drouot organise une vente aux enchères mercredi 15 juin consacrée au Marquis de Sade et sa famille: manuscrits, écrits officiels et biens intimes, c'est un autre Sade qui se dévoile.

"Toute leur vie, mes parents ont cherché à le réhabiliter, en tant qu'écrivain et penseur" explique dans les colonnes du Figaro Thibault de Sade, descendant du Divin Marquis.
 
A travers la vente organisée mercredi 15 juin à l'hôtel Drouot, les aïeux du Marquis de Sade présentent une autre facette du sulfureux écrivain. On connait son esprit licencieux mais ce qu'on sait moins c'est qu'il avait aussi (et avant tout) des ambitions théâtrales. Cinq pièces écrites de sa main sont mises en vente. Parmi elles se démarque l'Egarement de l'infortune jouée au Palais Royal en 1790. Comptez entre 30 000 et 40 000 euros pour en acquérir l'exemplaire. A ses côtés se trouve également l'unique conte du Marquis, Les coquilles d'œufs (entre 7 000 et 10 000 euros).
 
Des écrits plus intimes sont mis en vente. De leur contrat de mariage jusqu'au document scellant leur séparation, en passant par les lettres envoyées depuis la prison, c'est une vie conjugale tumultueuse qui se dessine entre le Marquis de Sade et Renée Pélagie Cordier. Curiosité du lot: la plus longue lettre qu'il adresse à son épouse, appelée par les spécialistes la "Grande Lettre" (entre 8 000 et 10 000 euros). Envoyée depuis une cellule de Vincennes, elle témoigne de la haine que le Marquis porte à sa belle-mère.
 
En plus des manuscrits, quelques objets familiaux: un portrait du père du Marquis (entre 50 000 et 60 000 euros) mais surtout le bronze du crâne de l'auteur (entre 4 000 et 5 000 euros). Après sa mort, des médecins ont analysé son crâne, pensant qu'il y avait un lien entre sa forme et ses écrits sulfureux. Vaines tentatives.
 
La vente est un évènement pour les amateurs. La plupart des textes du Marquis ont été détruits après sa disparition en 1814.