Paris, le 31 juillet 14, Jaurès assassiné à la veille de la mobilisation

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 01/08/2014 à 12H06
Le café du Croissant en 1914

Le café du Croissant en 1914

© AFP

Il y a très exactement un siècle, le 31 juillet 1914, le tribun socialiste et pacifiste, député du Tarn et journaliste Jean Jaurès était assassiné à Paris par un jeune nationaliste. Ce geste marquait symboliquement la défaite des partisans de la paix alors que l'ordre de mobilisation générale devait être affiché le lendemain, conduisant à l’effroyable Première Guerre Mondiale.

Il est 21 heures 40, nous sommes le 31 juilet 1914. A quelques pas du siège du journal alors socialiste "L"Humanité" qu'il a créé et qu'il dirige, Jean Jaurès est attablé dans une salle du café du Croissant. Assis dos à la fenêtre ouverte qui donne sur la rue du Croissant, il est entouré de journalistes et de collaborateurs. L'équipe du journal s'apprête à passer une nuit de travail. Un peu plus tôt dans l'après midi, Jaurès a écrit un article contre la guerre qui devait être l'équivalent du "J'accuse" de Zola. Derrière le député du Tarn, une main écarte le store, un Smith et Wesson est braqué sur lui, deux coups de feu sont tirés à bout portant. Jaurès est mort.

Reportage : D.Wolfromm / F. Tormos / J. Pires
Cent ans après la mort de Jaurès, son nom reste porteur d'une symbolique disputée. La gauche, bien sûr, cite souvent Jaurès et tente d'y trouver une inspiration, mais aussi une droite opportuniste qui essaie de s'en approprier l'héritage. Si l'extrême-droite reste au fond toujours du côté de Raoul Villain, son assassin, le Front National récupère en 2009 l'image de Jaurès qui figure sur ses affiches sous le prétexte que le parti extrêmiste partage avec lui l'idée de nation. En 2012, un écrivain de cette tendance refusait pourtant toute sacralisation de la mémoire du tribun socialiste, arguant de son anticléricalisme.  Le centenaire de la mort du créateur de "L'Humanité", qui repose au Panthéon depuis 1924, a été l'occasion de nombreux hommages, à commencer par celui du président de la République et, sur place, de citoyens de gauche, célèbres ou non.

Reportage : F. Benbekaï / J. Szymanski / C. Tennant / R. Carles
Si l'Histoire a réuni dans un tango funèbre les noms de Jaurès et de Raoul Villain son assassin, que sait-on exactement de ce dernier ? C'est un extrèmiste de droite qui souffre des troubles mentaux qu'il a hérité des deux branches parentales. Il a prémédité l'assassinat et sera acquitté en 1919, dans une France d'après-guerre où régnait, comme dans toute l'Europe, le nationalisme qui allait vingt ans plus tard conduire au second conflit mondial. Raoul Villain sera fusillé en Espagne en 1936 dans des circonstances obscures

Reportage : M. Meyer / Ph Coquempot / S. Allombert
Dans son dernier album, "Les Marquises" publié en 1977, Jacques Brel rendait à Jean Jaurès un formidable hommage en lui dédiant l'une de ses plus belles chansons. Voici cette oeuvre magistrale.
Jean Jaurès a plusieurs fois été incarné au théâtre et à l'écran. Bernard Fresson et Philippe Torreton lui ont prêté leurs traits à la télévision, Denis Beaunes au cinéma et Bernard-Pierre Donnadieu au théâtre.