Paris Games Week 2015 : le sacre du gigantisme

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 02/11/2015 à 16H46
On a croisé Mario Kart faisant la queue pour tester "Call of Duty"

On a croisé Mario Kart faisant la queue pour tester "Call of Duty"

© Boris Courret

Du 28 octobre au 1er novembre, le parc des expositions de la porte de Versailles s'est transformé en immense paradis des gamers. Et cette 6e édition qui a mis à l'honneur la compétiton et la réalité virtuelle a battu tous les records.

62.000 mètres carré. 307.000 visiteurs. 123 exposants parmi lesquels les mastodontes du secteur. Cette année, les organisateurs avaient vu les choses en grand, en très grand.
 
Et il paraît loin le temps où la PGW n'était qu'un sympathique petit rassemblement de geeks. Le salon en a fait du chemin depuis sa création en 2010 au point de devenir l'un des plus importants au monde, l'une des vitrines du jeu vidéo dans toutes ses dimensions. "Nous avons désormais une vraie visibilité internationale. Les éditeurs répondent présents et profitent de cet événement pour annoncer des exclusivités. Pour un gamer, c'est décidément l'endroit où il faut être", se félicite Emmanuel Martin, délégué général du SELL, le syndicat organisateur de la PGW. Et ils avaient fait le déplacement, en masse.
"Just dance", l'ESWC

"Just dance", l'ESWC

© Boris Courret
Dans les allées, ça piaille, ça braille, ça se presse et se bouscule. Sur les stands, c'est à l'animateur qui "gueulera" le plus fort pour attirer l'attention du visiteur. Et il faut bien le reconnaître, ça marche. Le salon prend des allures de foire gargantuesque. Sur l'un des stands, un animateur s'égosille à commenter un match de foot de FIFA 16 devant des dizaines de spectateurs survoltés. C'est l'ESWC (Electronic Sports World Cup), l'un des évènements du salon. La Coupe du Monde des jeux vidéo. "League of Legends", "Heroes of the Storm", "Counter Strike" ou "Just dance". Les meilleurs gamers du monde ont ainsi pu s'affronter durant ces quelques jours. "Nous avons décidé cette année de faire la part belle aux compétions. Cette volonté suit l'évolution du jeu vidéo. On ne joue plus seul. Les plus jeunes ont totalement intégré cette culture du mode multijoueurs. Nous sommes obligés de suivre ce mouvement", précise l'organisateur. Au même moment les meilleurs joueurs de Trackmania, fermement harnachés sur des sièges surélevés et casques de réalité virtuelle sur la tête se font face. Les sièges virevoltent. Les conducteurs sont ballotés de haut en bas, et pour les moins bons, c'est carrément le looping quand on perd le contrôle du véhicule.
Trackmania VR

Trackmania VR

© Boris Courret


Moins de commerce, plus de communication

Au sortir de cette expérience, les joueurs, un peu palots semblent osciller entre émerveillement et nausée. "Les mouvements du jeu sont envoyés à la machine qui va essayer de reproduire les courbes, les loopings et les vrilles. Pour l'instant nous n'en sommes qu'à l'état de prototype", explique Florian Toix, responsable du Trackmania VR. La réalité virtuelle est d'ailleurs la véritable attraction de cette PGW. "C'est une technologie qui arrive enfin à maturité. Elle offre de nouvelles frontières au jeu vidéo et l'affluence sur les stands qui y sont consacrés permet déjà de sonder son immense succès présent et à venir", sourit Emmanuel Martin, l'organisateur.  
Casque de rélité virtuelle, Playstation © Boris Couret
Mais ces files d'attentes n'ont rien à voir avec les 3H30 de queue nécessaire pour tester "Call of Duty" ou "Battlefront". Vous comprenez, avant d'acheter un jeu et de mettre près 70 euros sur la table, il faut bien s'assurer de sa qualité.
 
Dans les allées, quelques personnages un peu étranges ne paraissent pas trop inquiétés par ces préoccupations. Les cosplayeurs assurent à leur manière le spectacle, comme lors de la Comic Con, la semaine dernière. Mais contrairement à ce rassemblement pour le moins mercantile, la PGW, au vu du faible nombre de boutiques semble clairement privilégier la communication au commerce. Et, il faut bien le reconnaître, parfois ça fait du bien. 
Ratchet de "Ratchet and Clank"

Ratchet de "Ratchet and Clank"

© Boris Courret