Napoléon célèbre à Montmirail le bicentenaire de la campagne de France

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 01/06/2014 à 12H01
Reconstitution de la bataille de Montmirail (mai 2014)

Reconstitution de la bataille de Montmirail (mai 2014)

© FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

"Vive l'empereur, vive l'empereur!" Juché sur son pur-sang blanc, Napoléon salue les troupes qui vont livrer bataille lors de la reconstitution samedi de la victoire de Montmirail (Marne), à l'occasion du bicentenaire de la campagne de France.

Coiffé du bicorne à cocarde et vêtu d'une redingote verte, Franck Samson, un avocat de Rennes qui incarne depuis 10 ans l'empereur, arpente le champ qui fut un des théâtres des combats entre les troupes coalisées et les soldats français le 11 février 1814. Devant lui, à cheval ou à pied, sabres ou fusils à baïonnettes en main, près d'un millier de figurants costumés en soldats prussiens, russes ou français, venus d'une dizaine de pays d'Europe, prennent place pour la plus grande reconstitution organisée en France pour commémorer une des dernières grandes victoires de Napoléon.

"En joue! Commencez à tirez !" Aux ordres des officiers, les soldats en rangs serrés des deux camps délivrent un feu nourri entre les charges de cavaliers et le bruit assourdissant des pièces d'artillerie, applaudis par plusieurs milliers de spectateurs.

"Nous avons un devoir de mémoire envers ceux qui sont morts sur ces terrains de bataille, et donner un grand spectacle au public en costumes d'époque participe de l'apprentissage de l'histoire", estime Franck Samson, qui entretient une grande ressemblance avec Napoléon malgré ses "deux ans et deux centimètres de trop" par rapport à l'original. Dans sa garde-robe, il conserve les uniformes de l'empereur, y compris la tenue de sacre qu'il a revêtue lors de la reconstitution du couronnement le 22 mai 2011 dans la cathédrale de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais).
Reconstitution de la bataille de Montmirail (mai 2014)

Reconstitution de la bataille de Montmirail (mai 2014)

© FRANCOIS NASCIMBENI / AFP
L'aigle veille encore sur la France

"C'est un personnage hors du commun, un génie politico-militaire et nous vivons encore sous son ère. Napoléon a construit la France administrative, il a créé le baccalauréat, la Banque de France, le Conseil d'Etat, la Légion d'honneur et tant de choses qui régissent encore notre quotidien", précise l'avocat. "L'aigle veille encore sur la France et en ces temps de politique fade, on comprend l'engouement du public pour cet homme qui est devenu le maître du monde en incarnant l'aventure et le romantisme", poursuit-il.

La manifestation, qui se prolonge dimanche, permet de découvrir un bivouac de 300 tentes et un hôpital de campagne, où des officiers de santé expliquent, en brandissant les différents modèles de scies, les techniques chirurgicales de l'époque.

Reportage : L. Meney, O. Mayer, V. Brice  
En février 1814, alors que les troupes coalisées de Blücher et de Schwarzenberg se dirigent vers Paris en suivant les vallées de la Marne et de la Seine, Napoléon manoeuvre pour se glisser entre ces deux groupes afin d'attaquer Blücher, à la tête de l'armée de Silésie, sur son flanc. En 5 jours, entre le 10 et le 14 février, les troupes de l'empereur remportent 4 victoires contre les soldats prussiens et russes, causant des pertes estimées à 25.000 hommes. Le 11 février, au lendemain de la victoire de Champaubert contre les Russes, Napoléon qui dispose de 16.000 soldats attaque à Montmirail les troupes russo-prussiennes du prince Osten-Sacken et du général York composées de 30.000 hommes. Les combats les plus violents, souvent à la baïonnette, ont lieu autour du village de Marchais (Aisne), perdu et repris par les Français cinq fois de suite avant l'ultime assaut qui décime les rangs coalisés. Le 12 mars 1814, Napoléon signe à Reims son ultime victoire avant la prise de Paris par les armées de Blücher et de Schwarzenberg le 30 mars.  L'empereur abdique le 6 avril et part en exil à l'île d'Elbe.