Menacé de mort pour son dessin sur Aylan, Chaunu réagit à la polémique

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 11/09/2015 à 15H31
Dessin de Chaunu paru le 6 septembre 2015 dans le quotidien "L'Union" à l'origine de la polémique

Dessin de Chaunu paru le 6 septembre 2015 dans le quotidien "L'Union" à l'origine de la polémique

© Chaunu

En détournant la photo du petit Aylan retrouvé mort sur une plage turque et en l’affublant d’un cartable, le dessinateur Emmanuel Chaunu voulait rendre hommage à cet enfant syrien qui ne connaitra jamais de rentrée scolaire. Un dessin visiblement mal compris par certains internautes qui ont vivement réagit sur les réseaux sociaux. Loin de l'"Esprit du 11 janvier"

Reportage : S.Pottay, P.Latrouite :

Attaques violentes et menaces de mort, la toile se déchaîne après la publication par le quotidien marnais L'Union de ce dessin du dessinateur normand Chaunu. Un dessin, déjà publié sur son compte Facebook la semaine dernière au moment de la rentrée, en hommage à Aylan, cet enfant syrien retrouvé mort sur une plage de Turquie et dont la photo a choqué et bouleversé le monde entier. En détournant la photo et en affublant l'enfant d'un cartable avec ce titre "C'est la rentrée", Chaunu a voulu dire que lui n'ira jamais à l'école.

Un message qui n'a pas été compris par tout le monde et qui a provoqué la colère et l'incompréhension. Sur sa page Facebook comme sur Twitter, les réactions d'internautes indignés ne se sont pas fait attendre. Si certains jugent ce dessin déplacé, immoral ou choquant, d'autres se montrent plus virulents dans leurs messages. Des réactions qui n'étonnent pas Chaunu qui dans un entretien au site Normandie-Actu.fr se dit victime de la "diarrhée du Net".

 


Une nouvelle image sacrée ?


Pour Frédéric Lemarchand, chercheur en sociologie à l'Université de Caen, cette photo qui s'est propagée très rapidement à travers le monde, est devenue iconique, voire sacrée. Une sacralité qui selon lui empêche toute représentation ou utilisation détournée. Représenter Aylan en écolier c'était opposer notre quotidien futile au drame que vivent des milliers de réfugiés. Sur le plateau de France 3 Basse-Normandie Chaunu réplique que depuis le 7 janvier et la tuerie de Charlie-Hebdo le public a redécouvert le dessin de presse et la caricature mais n'a plus les codes culturels. Et selon le dessinateur pas de caricature sans culture...


Alors les limites du dessin de presse ont-elles bougé depuis l’attentat de Charlie Hebdo ? Ce 7 janvier est-il notre 11 septembre avec un "avant" et un "après" ? Des questions seront au cœur ce week-end des 5èmes rencontres internationales des dessinateurs de presse prévues initialement en mars et décalées pour des questions de sécurité. Des rencontres qui ont débuté aujourd'hui au Mémorial de Caen.

En réponse à ses détracteurs Chaunu, a proposé à ses confrères dessinateurs durant les trois jours des rencontres de détourner à leur tour quelques photos iconiques.