Mayerling : nouveaux éléments sur l'un des drames les plus romantiques du 19e

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 31/07/2015 à 14H55
Catherine Deneuve et Omar Sharif dans Mayerling, de Terence Young

Catherine Deneuve et Omar Sharif dans Mayerling, de Terence Young

© Photo by Moviestore Collection / Rex Features

"Je n'ai pas pu résister à l'amour" : 126 ans après son suicide aux côtés de son amant Rodolphe de Habsbourg à Mayerling en 1889, les lettres d'adieu de Mary Vetsera ont été retrouvées dans le coffre d'une banque autrichienne. Le drame, considéré comme l'un des plus romantiques du 19e siècle, a fait l'objet de nombreuses adaptations littéraires et cinématographiques.

La découverte, annoncée vendredi par la Bibliothèque nationale d'Autriche (ÖNB), à qui ont été remis les documents, a été qualifiée de "sensationnelle" par cette institution. Le double suicide de Rodolphe de Habsbourg, fils de l'empereur François-Joseph d'Autriche, et de sa jeune maîtresse de 17 ans, la baronne Mary Vetsera, le 28 janvier 1889, au pavillon de chasse impérial de Mayerling, près de Vienne, a inspiré quantités de films, de romans et de pièces de théâtre.

En 1957, Audrey Hepburn joue la jeune baronne dans une série américaine d'Anatole Litvak adaptée au cinéma en Europe. Omar Sharif et Catherine Deneuve rejoueront le célèbre couple en 1968, dans un film de Terence Young avec Ava Gardner dans le rôle de l'impératrice Elisabeth.

"Je n'ai pas pu résister à l'amour"

À l'exception d'un mot d'adieu écrit par Rodolphe à son épouse Stéphanie, aucune lettre originale n'avait été conservée, rappelle l'ÖNB. Un récent inventaire du fonds de la banque privée Schoellerbank a toutefois mis au jour une chemise en cuir, déposée en 1926, et contenant des photographies ainsi que trois lettres d'adieu manuscrites de Mary Vetsera, a-t-il été révélé vendredi.

"Chère Mère/Pardonne ce que je fais/Je n'ai pas pu résister à l'amour/D'accord avec Lui, je veux être enterrée à ses côtés dans le cimetière d'Alland/Je suis plus heureuse dans la mort que dans la vie", écrit la jeune femme dans une lettre à sa mère. La chemise, dont la provenance n'a pas été établie, contenait également plusieurs documents administratifs, dont le certificat de baptême de la baronne, ainsi que son acte de décès en deux exemplaires.

L'hypothèse d'un meurtre

Les historiens pensaient que les lettres avaient été détruites par la mère de Mary Vetsera. "Ces originaux qui viennent de réapparaître revêtent ainsi une valeur toute particulière pour la recherche historique", note la bibliothèque.

Le contexte exact du suicide par revolver du prince-héritier autrichien et de son amante n'est pas totalement connu, et l'hypothèse d'un double assassinat a longtemps été véhiculée. Selon certains chercheurs, Rodolphe de Habsbourg, aux aspirations libérales, se sentait étouffé par son milieu et par son mariage, était devenu drogué à la morphine et souffrait de syphilis. Mary Vetsera n'avait que 17 ans au moment de sa mort aux côtés de son amant, de 13 ans son aîné et rencontré quelques mois plus tôt.