Manifestation festive à Madrid pour "défendre la culture"

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 09/03/2014 à 17H35
Un orchestre de tambours à la manif pour la culture du 9 mars 2014 à Madrid.

Un orchestre de tambours à la manif pour la culture du 9 mars 2014 à Madrid.

© Javier Soriano / AFP

Accompagnée d'un choeur de plus de 100 voix et au son de dizaines de batteries et de tambours, une foule de plusieurs milliers de personnes a envahi le centre de Madrid dimanche. Ils souhaitaient ainsi "lancer un cri d'alarme" et "défendre" le secteur de la culture, durement frappé en Espagne par les mesures d'austérité.

Des "coupes sans pitié" dans le secteur
"C'est la première fois que tout le secteur s'unit pour revendiquer que la culture nous concerne tous et est pour tous", affirme Jesus Marchante, un peintre madrilène de 59 ans venu participer à la peinture d'un tableau aux couleurs vives, inspiré par les sons et l'ambiance du rassemblement.

"On ferme des théâtres, des cinémas, on privatise des espaces publics destinés à la culture ; les arts plastiques ne reçoivent aucune subvention, les musées, très peu, la musique et l'histoire de l'art disparaissent de l'enseignement secondaire et les coupes sont, comme dans la Santé et l'Éducation, impressionnantes", déplore-t-il. 
 
Parmi la foule de participants, beaucoup portent des t-shirts et foulards rouges, couleurs choisies pour emblème par le "Collectif de défense de la Culture", né en octobre 2013 de l'union de plus de 90 associations "face à la situation insoutenable de la culture" en Espagne , qui a subi "des coupes sans pitié" du fait de la politique d'austérité du gouvernement, explique Fernando Martin, son porte-parole.
Un orchestres'apprête à jouer devant la foule à la manif pour la défense de la Culture, le 9 mars 2014 à Madrid.

Un orchestres'apprête à jouer devant la foule à la manif pour la défense de la Culture, le 9 mars 2014 à Madrid.

© Javier Soriano / AFP
Un choeur de centaines de personnes
Des centaines d'artistes se succèdaient sur 25 scènes installées dans la rue, en plein centre de Madrid, et dédiées à la musique, au théâtre, au cirque, à la danse ou encore à la littérature et au patrimoine. 
Point d'orgue de ce rassemblement festif, le chant du Choeur des Esclaves de Nabucco de Giuseppe Verdi "symbolisant la lutte pour la Culture ", selon ses organisateurs, s'est élevé sur une grande avenue du centre de Madrid, où une scène a été installée pour accueillir un orchestre symphonique et le choeur principal, de plus de 100 voix. 
 
Aux pieds de la scène, des centaines d'autres choristes les accompagnent tandis que parmi les milliers de spectateurs, certains fredonnent timidement tandis que d'autres chantent à pleins poumons.

Des représentants du collectif, dont le chanteur Miguel Rios, avaient lu auparavant le manifeste, reçu avec des applaudissements nourris par une foule où se côtoient tous les âges.
 
Ce qu'ils réclament
Parmi leurs revendications: "la non privatisation des espaces culturels d'usage public" ou la "réduction de la TVA sur la culture ", passée à 21% dans ce secteur en septembre 2012. 
Entre le début de la crise, en 2008, et 2012, le nombre de spectateurs allant voir des pièces de théâtre, des spectacles de danse ou d'opéra a plongé de 31% en Espagne , pour atteindre 13,4 millions, soit un niveau "inférieur à celui de 2002", selon un rapport de la Société générale des auteurs et éditeurs (Sgae).
 
Selon le président de l'Académie du Cinéma espagnol, Enrique Gonzalez Macho, la hausse de la TVA a aggravé la situation: 400 salles ont fermé dernièrement et les recettes du cinéma ont chuté de 16% en 2013, à 508 millions d'euros.