"Lui", légendaire magazine des années 70, va renaître

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 19/06/2013 à 11H32
Trois Unes célèbres du magazine "Lui"

Trois Unes célèbres du magazine "Lui"

© DR

Lui, magazine masculin emblématique des insouciantes "seventies", va reparaître en septembre prochain, relancé par l'homme d'affaires Yves le Fur avec à sa tête l'écrivain Frédéric Beigbeder et Yseult Williams.

Célèbre à l'époque pour ses couvertures de stars en tenue très légère, "Lui", lancé en 1963 par le célèbre homme de presse Daniel Filipacchi, a connu son apogée au début des années 80 avant d'entamer un long déclin, jusqu'à son arrêt en 1994. Une relance du titre, éphémère, fut tentée sous la forme d'un magazine pornographique qui ne connut pas un franc succès.

"Légèreté, insouciance, impertinence"
Le nouveau "Lui", qui conservera le logo original, sera en vente le 5 septembre au prix de 2,90 euros. Il comportera 200 pages. Son style : "Un ton léger, insouciant et impertinent, celui du magazine d'avant le choc pétrolier et avec un esprit français", résume Frédéric Beigbeder interrogé par l'AFP.

"Avec ses grandes interviews et ses grandes signatures, "Lui" constituait pour les hommes un alibi pour acheter des photos de femmes dénudées, aujourd'hui le nu est 'normal', il est partout, on part de la même idée mais à nous de le 'glamouriser' et de mettre en valeur LA femme", argumente le directeur de "Lui". Il ne s'agira pas à proprement parler de photos déshabillées, mais d'aborder la mode légère et les dessous, plaide-t-il.

Frédéric Beigbeder réfute pour "Lui" l'appellation de magazine de charme. Se tournant vers sa rédactrice en chef, Yseult Williams, ancienne directrice de Grazia, il estime que "le meilleur garde-fou de 'Lui' est d'avoir une équipe de rédaction féminine". Et de fait, "on vise un public d'homme mais pas que", souligne-t-elle pour sa part.

"Eviter de devenir de gros beaufs"
"Comme dans 'Lui' première époque, on aura de grandes signatures d'écrivains, de journalistes et de photographes", déclare Beigbeder, sans toutefois dévoiler lesquels. "Il s'agit bien de ressusciter un titre mythique, en évitant de devenir de 'gros beaufs'", explique-t-il, soulignant sa volonté d'en faire un magazine haut de gamme, esthétique et intellectuel. Mais il n'a pas caché la difficulté qu'il y aura à convaincre aujourd'hui des stars de premier plan à poser peu vêtue pour "Lui"...

Qui seront les nouvelles Brigitte Bardot, Sylvia Kristel, Catherine Deneuve, Marlène Jobert, Ursula Andress, Nastassja Kinski ou Isabelle Huppert qui ont, parmi des centaines d'autres, posé dans le passé pour "Lui" ? "Difficile à dire, pourquoi pas aussi des personnalités politiques ?", avance malicieusement Beigbeder.

Yves le Fur, éditeur et directeur de la publication, a racheté le titre à ses anciens propriétaires il y a six mois. L'homme d'affaires, qui travaille notamment dans la communication événementielle, avait lancé avec succès deux magazines à la fin des années 90, "DS" et "Numéro". "'Lui' est une marque forte et nous estimons qu'il existe pour ce titre de la presse de luxe un noyau dur de lecteur entre 35 et 50 ans", confie-t-il à l'AFP. Il a souligné qu'à moins de 10 semaines du lancement, les annonceurs étaient enthousiastes et les carnets de commandes remplis.

"Le premier numéro sera tiré à 350.000 exemplaires et l'objectif de vente à terme se situe entre 150.000 et 200.000 exemplaires", estime encore Yves Le Fur. La structure de recettes de Lui devrait être partagée à 60% par la publicité et à 40% par les ventes.