Les artistes du Jardin d'Alice mis à la porte de la caserne de Reuilly

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 27/07/2015 à 17H24
La caserne de Reuilly, dans le 12e arrondissement de Paris

La caserne de Reuilly, dans le 12e arrondissement de Paris

© Joffrey Vovos / PhotoPQR / Le Parisien / MaxPPP

Le Jardin d'Alice, un collectif d'artistes pluridisciplinaires qui était logé depuis un an par la ville de Paris dans l'ancienne caserne de Reuilly, est menacé, les locaux devant être récupérés pour être transformés en logements sociaux. La mairie de Paris affirme avoir fait deux propositions de relogement.

Le Jardin d'Alice, c'est le projet un peu fou de quelques artistes, dont d'anciens du squat du 59 Rivoli, qui ont voulu créer un lieu ouvert à tous les arts, à l'écologie et sur un quartier parisien. Ils s'étaient installés en mars 2009 dans un jardin de 800 m2 abritant deux maisons vides, caché au 40 rue de la Chapelle dans le 18e arrondissement.
 
Le lieu enchanteur, mosaïque de vestiges de toutes les époques de Paris, appartenait à Alice Blanc, décédée en 2007, d'où le nom du collectif. Les artistes y passent quatre ans, le rénovant et y créant diverses activités.
 
Jusqu'à ce que la ville de Paris décide d'y créer des logements sociaux. Elle reloge le Jardin d'Alice contre un loyer modeste dans l'ancienne caserne de Reuilly, dans le 12e arrondissement. Ils sont depuis un an 15 membres permanents, peintres, dessinateurs, comédiens, musiciens, auxquels s'associent d'autres artistes en résidence.

Un lieu d'expérimentation artistique et écologique

Ils ont monté un studio d'enregistrement, une salle de spectacle, une galerie d'exposition, un laboratoire photo, dans ce nouveau lieu qui se veut ouvert à toute proposition artistique.
 
Mais l'histoire se répète : la mairie veut récupérer le bâtiment et le collectif doit quitter les lieux avant le 31 août. Il refuse les propositions de relogement de la municipalité, qui leur a trouvé deux lieux d'une centaine de mètres carrés, beaucoup plus petits que les locaux actuels et loin des transports. Le Jardin d'Alice demande "1000 m2 accessibles en métro", explique une de ses membres dans un reportage de France Culture.
 
Ne voulant pas "que la ville devienne un espace totalement marchand uniquement tourné vers la rentabilité", le Jardin d'Alice, qui se proclame "à la fois un centre social, une maison de quartier, une épicerie associative, une université populaire, une salle de spectacle et un lieu d'expérimentation artistique et écologique", a lancé une pétition de soutien.

Des discusssions en cours avec la mairie de Paris

La mairie de Paris précise que 5 des 6 associations hébergées à la caserne de Reuilly ont été relogées. Deux propositions de relogements ont été faites au Jardin d'Alice : 150 m2 (+300m2 de jardin) en bordure du bois de Vincennes et 115 m2 (+ 200 m2 d'espace extérieur) à la Porte de Montreuil. Ce qui équivaut, précise la Mairie, à l'espace dont disposait initialement le Jardin d'Alice à la caserne de Reuilly. Les discussions se poursuivent, entre la mairie et l'association.