Le photojournaliste Mathias Depardon expulsé de Turquie est en France

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/06/2017 à 13H18, publié le 09/06/2017 à 17H10
Un hashtag #FreeMathias a été lancé sur Twitter en faveur de la libération du photojournaliste

Un hashtag #FreeMathias a été lancé sur Twitter en faveur de la libération du photojournaliste

Mathias Depardon a été détenu en Turquie pendant un mois. Il avait été arrêté pendant un reportage sur le PKK, le parti des travailleurs kurdes, qu'il réalisait dans le sud-est du pays. Expulsé vers la France, il est arrivé à l'aéroport de Roissy dans la soirée.

Avertissement d'Ankara aux reporters

Arrêté le 8 mai, le photographe, dont l'avion s'est posé peu après 22h00 à l'aéroport parisien de Roissy, a estimé à son arrivée qu'Ankara avait voulu adresser "un message assez fort" aux reporters souhaitant se rendre dans le sud-est de la Turquie.

Il s'est dit "heureux d'être à Paris, d'être en France". "Je vais très bien", a-t-il assuré devant la presse, affichant un large sourire, mais visiblement fatigué.

Reportage : J. Bony, F. Crotta, J. Boulesteix, V. Castel

Accusé de "propagande terroriste"

"Je suis très heureux de vous annoncer le retour en France dès ce soir de notre compatriote photojournaliste @mathiasdepardon", a écrit sur Twitter le président français Emmanuel Macron, qui avait demandé le 3 juin à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan le retour "le plus vite possible" dans son pays de M. Depardon.
Le photojournaliste "est dans un avion de Gaziantep (sud-est) vers Istanbul et devrait être rentré à Paris ce soir", avait déclaré plus tôt le secrétaire général de l'ONG RSF (Reporters sans frontières) Christophe Deloire. Mathias Depardon faisait l'objet d'un ordre d'expulsion depuis le 11 mai, mais était détenu à Gaziantep par les autorités turques qui le soupçonnent d'avoir fait de la "propagande terroriste" en faveur de la guérilla kurde. 

"Un pays qu'il adore"

Installé en Turquie depuis cinq ans, ce journaliste indépendant âgé de 37 ans a été arrêté à Hasankeyf (sud-est), où il réalisait un reportage pour le magazine National Geographic, et les autorités turques le soupçonnent d'avoir fait de la "propagande terroriste" pour avoir diffusé sur les réseaux sociaux des photos prises au cours d'un reportage sur le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, séparatistes kurdes).

Évoquant le risque d'expulsion de son fils du territoire turc, la mère du photographe, Danièle Van de Lanotte, avait regretté qu'il quitte "comme un malpropre" la Turquie, "un pays qu'il adore". Sur Internet, notamment parmi ses confrères français, une mobilisation avait été déclenchée en faveur de la libération du  photojournaliste, avec sur Twitter le mot-dièse #FreeMathias.

La liberté de la presse mise à mal en Turquie

Mathias Depardon est le dernier d'une série de journalistes européens arrêtés ou expulsés par les autorités en Turquie, où les conditions de travail se sont dégradées au cours des derniers mois pour les professionnels des médias, en particulier depuis le putsch manqué de juillet. Les organisations de défense de la liberté de la presse dénoncent des atteintes régulières à cette liberté de la part des autorités turques.

Plus de 100 journalistes turcs sont actuellement incarcérés en Turquie, et le gouvernement cible parfois les correspondants étrangers. Ce pays occupe la 155e place sur 180 au classement 2017 de la liberté de la presse établi par RSF.