L'homme d'affaires Rayo Withanage acquiert la villa de Picasso à Mougins pour 20 millions d'euros

Par @Culturebox
Mis à jour le 12/10/2017 à 13H24, publié le 11/10/2017 à 15H00
La dernière maison de Pablo Picasso à Mougins (ici en août 2013)

La dernière maison de Pablo Picasso à Mougins (ici en août 2013)

© Gilles Traverso / PhotoPQR / Nice Matin / MaxPPP

La villa de Mougins dans laquelle Picasso a passé ses dernières années a été adjugée ce 12 octobre pour un peu plus de 20 millions d'euros à Rayo Withanage, un homme d'affaires néo-zélandais d'origine sri-lankaise. Cette vente aux enchères est l'énième rebondissement d'un feuilleton immobilier dont la Côte d'Azur a le secret, mêlant beauté, célébrités et grandes fortunes.

C'est donc l'homme d'affaires Rayo Withanage l'acquéreur du mas Picasso de Mougins, adjugé ce jeudi 12 octobre pour un peu plus de 20 millions d'euros au cours d'une vente aux enchères tenue au tribunal de grande instance de Grasse.

Aucun autre renchérisseur ne s'est présenté

Dans un premier temps, en juin, la mise à prix avait été fixée à 18,360 millions d'euros, avant que Rayo Withanage ne fasse une surenchère de 10% dans les 10 jours, portant ainsi la mise à prix à 20,196 millions d'euros. Ce 12 octobre, aucun autre enchérisseur ne s'étant présenté au tribunal, c'est donc cet homme d'affaires néo-zélandais d'origine sri-lankaise, à la tête de la société d'investissement immobilier BMB, fondée en 2004 avec un prince du riche Etat pétrolier de Brunei, qui a été adjudicataire du bien.

Le feuilleton à rebondissements de cette vente singulière n'est toutefois peut-être pas terminé car l'acquéreur a maintenant deux mois pour trouver les fonds nécessaires à son achat. "Rayo Withanage est propriétaire à compter de ce jour mais il doit encore payer le prix dans les deux mois", confirme Me Van Rolleghem, l'avocat de la banque néerlandaise Achmea Bank, créancier de l'ex-propriétaire des lieux, un particulier néerlandais défaillant. En janvier, on annonçait déjà de futures manifestations caritatives pour la promotion des arts et des soirées événements au profit du développement durable en collaboration avec Monaco et la ville de Mougins. De plus, selon l'avocat Maxime Van Rolleghem, le mas Picasso est une bonne affaire : "Beaucoup de villas de prestige valent beaucoup plus cher sur la Côte-d'Azur", relevait-il.
Picasso avec Jacqueline Roque, sa dernière épouse, dans son atelier de Mougins (Alpes-Maritimes). La propriété est mise aux enchères jeudi 12 octobre

Picasso avec Jacqueline Roque, sa dernière épouse, dans son atelier de Mougins (Alpes-Maritimes). La propriété est mise aux enchères jeudi 12 octobre

© Ralph Gatti / AFP

Dernière demeure de Picasso

Cette propriété située près de Cannes, dans les Alpes-Maritimes, avait été acquise en 1961 par le maître espagnol, juste après son mariage avec Jacqueline Roque, sa dernière épouse. Picasso y a créé pendant 12 ans et y est mort le 8 avril 1973.
 
Jacqueline Roque a vécu dans la maison jusqu'à son suicide en 1986. C'est sa fille, Catherine Hutin-Blay, née d'un premier mariage, qui a hérité de la demeure, puis l'a vendue pour plus de 10 millions d'euros. Avant Pablo Picasso, cette maison a appartenu à la famille Guinness. Winston Churchill y a séjourné régulièrement pendant ses vacances.

La maison a été agrandie, elle a ajourd'hui une piscine, un spa, un tennis

Le dernier propriétaire néerlandais l'avait acheté à l'héritière de l'artiste en 2007. Il avait rebaptisé la demeure "l'Antre du Minotaure", l'avait agrandie et dotée de nombreux aménagements sophistiqués - piscine, ascenseur, climatisation, spa, garages, tennis - avant que des difficultés financières ne stoppent les travaux.

S'étalant sur trois hectares, l'ancienne propriété Picasso a une très jolie vue sur la baie de Cannes et les montagnes de l'Esterel mais souffre d'un environnement quelque peu bruyant et d'une servitude pour le passage des promeneurs.

La seule pièce datant du temps de Picasso est l'atelier 

L'habitation principale, modeste du temps de Picasso, date du XVIIIe siècle et a été profondément restaurée. Des baies vitrées ont été ajoutées pour faire entrer davantage de lumière.
 
"De la période Picasso, la seule pièce originale est l'atelier qui porte des traces de taches de peinture laissées par le peintre, mais la propriété ne contient aucune oeuvre", précise l'agence immobilière Michaël Zingraf. Ce réseau spécialiste des propriétés de prestige et d'exception avait été approché il y a trois ans pour revendre le bien, alors estimé entre 20 et 25 millions d'euros dans son état de finition inachevé.
 
Le mandat de vente n'a jamais pu être finalisé, ni aucune visite organisée en raison des démêlés conjugaux et déboires financiers du propriétaire.