La Chine, en manque d'artistes "patriotes" et "socialistes", serre les boulons

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 16/10/2014 à 15H14
A Pékin, le président chinois XI Pinjing a rencontré le 15 octobre une délégtation d'artistes, auteurs, acteurs, scénaristes, danseurs chinois.

A Pékin, le président chinois XI Pinjing a rencontré le 15 octobre une délégtation d'artistes, auteurs, acteurs, scénaristes, danseurs chinois.

© PANG XINGLEI / XINHUA

Le président chinois Xi Jinping a demandé aux artistes de "servir le peuple" et de promouvoir le patriotisme et les "valeurs socialistes", suscitant des comparaisons dans la presse officielle avec un célèbre discours de Mao Tsé-toung de 1942.

"Servir le peuple et la cause socialiste est une exigence du Parti communiste chinois (PCC), et ceci est essentiel pour l'avenir du développement culturel et artistique du pays", a déclaré le président chinois, cité jeudi par l'agence Chine Nouvelle, lors d'une rencontre la veille avec une délégation  d'artistes chinois, comprenant notamment des écrivains, des acteurs et des danseurs.

Soutenir le patriotisme chinois

Le président Xi leur a demandé de ne pas devenir des "esclaves du marché" et de produire des oeuvres qui ne "puent pas l'argent", mais mettent en valeur principalement le "patriotisme", favorisent des "points de vue corrects" et "répandent les valeurs chinoises contemporaines", a indiqué de son côté le  quotidien Global Times. "La popularité n'a pas besoin de la vulgarité", a ajouté Xi Jinping.

"L'art et la culture ne peuvent pas se développer sans encadrement politique", a commenté pour sa part le China Daily, assurant que la rencontre du président chinois avec les artistes était comparée au discours historique de Mao à Yan'an (nord) en 1942, où il avait gravé dans le marbre la soumission de l'art et de la culture à la propagande du PCC. Le contrôle absolu du PCC ne s'est assoupli que vers la fin des années 1980, sur les arts plastiques d'abord - la peinture notamment - puis dans le cinéma, le théâtre et dans une moindre mesure la littérature. La censure reste  d'actualité dans quantité de domaines culturels.

"Les artistes ne doivent pas se noyer dans l'économie de marché"

Nombre d'artistes chinois ont fait fortune de leurs oeuvres depuis une vingtaine d'années et la Chine a obtenu son premier Nobel de littérature l'an dernier avec Mo Yan. "Mais les artistes ne doivent pas se noyer dans la vague de l'économie de marché ni se détourner du droit chemin devant la question de "qui servir ?"  (...) La culture et l'art socialistes sont, par essence, la culture et l'art du peuple", a encore déclaré le président Xi, cité par le Global Times. Les citoyens ordinaires sont "les connaisseurs et les critiques" de l'art, a-t-il encore assuré.

"Comparées avec la croissance remarquable de l'économie et du pouvoir  d'État, les oeuvres littéraires et artistiques chinoises sont moins  impressionnantes", a déploré l'agence Chine Nouvelle dans un commentaire,  regrettant "qu'aucune chanson pop chinoise" n'ait eu de succès à l'étranger. La Chine veut exporter son "pouvoir culturel" mais réprime sévèrement les artistes qui, tel Ai Weiwei, contestent la domination du parti unique. 
Le président chinois s'inspire volontiers de Mao et s'efforce de rétablir l'autorité du PCC dans tous les domaines depuis son arrivée au pouvoir fin 2012.