A la Vieille Charité, Marseille met le cap sur les mers du sud sur la trace de Jack London

Par @Culturebox
Mis à jour le 15/09/2017 à 18H10, publié le 11/09/2017 à 16H46
 L'équipage du Snark (au centre, Jack London) à la plantation de Penduffryn, île de Guadalcanal, archipel des Salomon, 1908. 

 L'équipage du Snark (au centre, Jack London) à la plantation de Penduffryn, île de Guadalcanal, archipel des Salomon, 1908. 

© Collection Michel Viotte

La Vieille Charité, à Marseille, présente une exposition consacrée à l'expédition de l'écrivain-aventurier dans le Pacifique sud, entre 1907 et 1909. Parti avec sa femme et quelques membres d'équipage à bord d'un grand voilier, l'auteur de "Croc-Blanc" et "Martin Eden" a rapporté des milliers de photos et d'objets de ce voyage qui l'a conduit notamment à Hawaï, aux Marquises et aux Iles Salomon.

Reportage : M. Civallero / M-A. Peleran / Elia Pirosa 

"Une fois qu'on est marin, on le reste pour toujours. La saveur de l'air salin ne se dissipe jamais" écrivait Jack London. Pour l'auteur, la mer a toujours été un terrain d'exploration privilégié. En 1907, il décide de partir sur les traces de ses héros, Robert Louis Stevenson et Herman Melville. Son pari : faire le tour du monde en bateau pendant sept ans. Il fait construire un voilier de 17 mètres, le Snark, où il embarque avec son épouse Charmian et un équipage de quelques marins amateurs. 

Jack London photographie le chantier du Snark - 1906. 

Jack London photographie le chantier du Snark - 1906. 

© The Huntington Library

De la Californie aux îles Salomon

Parti de Oakland en Californie, l'équipage se dirige vers Hawaï où il effectue un long séjour. Le Snark met ensuite le cap sur la plupart des îles du Pacifique sud comme les Marquises, Tahiti, Moorea, Bora Bora, les Fidji, le Vanuatu et les Salomon. Le périple qui devait durer sept ans s'arrête finalement au bout de 19 mois aux îles Salomon : l'équipage est rongé par la malaria et la fièvre noire, y compris London qui est gravement malade.  

Le Snark dans le port d'Oakland, en Californie en 1907. 

Le Snark dans le port d'Oakland, en Californie en 1907. 

© The Huntington Library

"Martin Eden" est né sur le Snark 

Pour financer ce voyage, l'auteur écrit tous les jours. C'est d'ailleurs au cours de cette expédition qu'il signe l'un de ses chefs-d'oeuvre, "Martin Eden". Son aventure lui inspirera par la suite de nombreux récits comme "Les contes des mers du sud" et  "La croisière du Snark". Pendant ces 19 mois, l'écrivain prend des milliers de photos des paysages et des populations qu'il rencontre. Il rapporte également de nombreux objets qui témoignent de la diversité des cultures qu'il découvre. Son épouse, Charmian, tient un journal de bord qui relate leurs aventures. 

Marquisiens autour du gramophone de Jack London, île de Nuku Hiva, Marquises - 1907 

Marquisiens autour du gramophone de Jack London, île de Nuku Hiva, Marquises - 1907 

© The Huntington Library

Une invitation au voyage 

Tous ces précieux clichés et documents sont rassemblés au sein de l'exposition présentée à Marseille. D'île en île, le visiteur est embarqué dans le sillage de l'équipage et découvre avec lui la vie quotidienne, les croyances et le savoir-faire des populations du Pacifique sud. 

Jack et Charmian London dans le jardin de Hobrun Cottage, Pearl Harbor, île d'Oahu, archipel d'Hawaï (photographie de Martin Johnson) - 1907 

Jack et Charmian London dans le jardin de Hobrun Cottage, Pearl Harbor, île d'Oahu, archipel d'Hawaï (photographie de Martin Johnson) - 1907 

© The Huntington Library

 "Fais toujours ce qui doit te rendre le plus heureux" écrivait Jack London dans "Martin Eden". Une devise qu'il a fait sienne toute sa vie et qui devrait tous nous inspirer.