"Je suis Charlie" : un an après, le slogan de Joachim Roncin inspire le monde

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 08/01/2016 à 14H26
Récupéré, copié, détourné, le slogan "Je suis Charlie" créé par Joachim Roncin a fait le tour du monde 

Récupéré, copié, détourné, le slogan "Je suis Charlie" créé par Joachim Roncin a fait le tour du monde 

© France 3 / Culturebox

7 janvier 2015, aux alentours de 11h30 la rédaction de Charlie Hebdo est décimée par un commando terroriste. A peine deux heures plus tard, le slogan "Je suis Charlie" est sur tous les réseaux sociaux et devient rapidement un symbole de ralliement mondial. Un an après, Joachim Roncin, l'auteur de ces trois mots blancs sur fond noir revient sur la fulgurance du message.

On l'a vu fleurir d'abord sur les réseaux sociaux, puis dans les manifestations de solidarité, et enfin dans le monde entier, depuis le 7 janvier 2015 "Je suis Charlie" est sur toutes les lèvres. Joachim Roncin, l'auteur de la phrase l'a créée comme une nécessité.

Trois mots blancs sur fond noir qui font écho à une forme de solidarité populaire contre la barbarie et qui ont fait le tour de la planète. Trois mots qui sont sortis presque immédiatement après l'attaque de la rédaction de Charlie Hebdo.

Émotion, état de choc, élan de fraternité, détournement.... Un an après, l'auteur analyse l'effet international de sa petite phrase. 

Reportage : Sandrine Aramon / Xavier Roman / Denis Attal

"Je suis Charlie", acte de naissance sur réseaux sociaux

 7 Janvier 2015, 12h52. Sur son compte Twitter, Joachim Roncin , directeur artistique publie un slogan où il reprend la typographie de Charlie Hebdo et proclame simplement, en blanc sur fond noir: "Je suis Charlie". Une heure avant, l'attentat de Charlie Hebdo tue onze personnes dont huit membres de la rédaction et signe le début d'une période sanglante 

"C'est mon attachement à la liberté d'expression"

Simple et direct, le message de Joachim Roncin fait peu à peu le tour du monde, de Berlin à New-York en passant par Tokyo ou Rome, les trois mots s'écrivent dans tous les alphabets et illuminent d'une lueur collective les nuits de l'hiver 2015.
"C'est quelque chose d'assez instinctif. Ces trois mots, je les ai dits pour témoigner ma solidarité. Je voulais exprimer aussi ma profonde conviction et mon attachement profond à la liberté d'expression", relate le créateur du logo viral. 
Rassemblement devant le Brandebourg Porte près de l'ambassade française à Berlin le 11 Janvier 2015

Rassemblement devant le Brandebourg Porte près de l'ambassade française à Berlin le 11 Janvier 2015

© JOHN MACDOUGALL / AFP

Le moment de grâce

Le 11 janvier, les foules se rassemblent autour d'une volonté commune, la paix et la liberté d'expression. Les trois mots en blanc et gris sur fond noir, à la typographie identique à celle du nom du journal, sont brandis place de la République à Paris. Le slogan profondément républicain et inspiré de la pensée de Descartes (le fameux "Je pense donc je suis") s'enrichit d'autres compléments. Je suis Charlie devient alors je suis musulmane, juif ou policier.
Je suis Charlie Liberté d'expression

"Les gens se sont retrouvés derrière ce slogan, l'ont porté et ont retrouvé dans ces trois mots pour dire 'Merde' on a pas peur !", assure encore Joachim Roncin et de conclure "Il y a eu ce moment de grâce, profitons-en". 
Le 11 janvier 2015, la Place de la République n'est pas assez grande pour accueillir 1,5 millions de personnes

Le 11 janvier 2015, la Place de la République n'est pas assez grande pour accueillir 1,5 millions de personnes

© Marlene Awaad

Les détracteurs : je ne suis pas Charlie.... 

Comme toute bonne idée populaire ou provocante, dès le lendemain, le slogan est détourné. "Je ne suis pas Charlie" fait son entrée sur la blogosphère faisant le jeu d'opinions contraires au slogan d'origine. Pour l'auteur de la phrase, "Je suis Charlie, mais..." c'est le pire.
Je ne suis pas Charlie © France 3 / Culturebox / capture d'écran

"Je reste Charlie" 

Dévoyé, malmené, détourné, encensé, un an après, le slogan de Joachim Roncin reste ancré dans les coeurs des défenseurs des libertés internationales et prend aujourd'hui une nouvelle tournure. Un an après, le 7 janvier 2016, le journal allemand "Die Welt, fait évoluer la syntaxe et propose sa "Une" avec un sobre "Je suis reste Charlie"