Il y a trente ans, Coluche lançait sa "petite idée", les Restos du coeur

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 27/09/2015 à 12H05
Le 21 décembre 1985, Coluche pose avec deux femmes déguisées en clown devant l'un des trois restaurants des Restos du coeur en région parisienne

Le 21 décembre 1985, Coluche pose avec deux femmes déguisées en clown devant l'un des trois restaurants des Restos du coeur en région parisienne

© MICHEL GANGNE / AFP

Il y a trente ans, le 26 septembre 1985, Coluche lançait à la radio un appel à la générosité pour les plus démunis. "Une petite idée comme ça" qui est devenue les Restos du cœur. Ils n’étaient pas faits pour durer mais la crise aidant, ils sont devenus une sorte d’institution sur laquelle plane toujours l’esprit de l’humoriste.

Reportage : T. Bazizin / M-H. Bonnot / J. Benedetto / N. Metauer / F. Bazille / G. Truffaut / J-N. Noel / M. Marini
A l’époque où Coluche lance cet appel en direct sur Europe 1, il est beaucoup plus qu’un humoriste : il vient de remporter le César du meilleur acteur pour son rôle dans "Tchao Pantin" de Claude Berri dans lequel il incarne un pompiste dépressif. Mais cela ne l’empêche de garder son côté irrévérencieux puisque la veille de cet appel, Coluche a célébré un faux mariage avec Thierry Le Luron.

Une idée pour récolter des fonds

Pour réunir l’argent nécessaire à l’achat de denrées alimentaires, Coluche doit trouver des fonds. En 1985, on est en pleine "mode" des chansons caritatives pour la famine en Ethiopie : "Do they know it's Christmas" de Bob Geldof, "We are the world" avec Mickael Jackson et Lionel Richie, "SOS Ethiopie" par Renaud (single auquel Coluche a d’ailleurs participé). "Jusque-là en France, le seul disque caritatif était celui de la Ligue contre le cancer mais c'était une compilation de chansons déjà existantes" rappelle Jean-Pierre Pasqualini, directeur du magazine Platine.

En décembre 1985, Coluche décide de faire appel au faiseur de tubes de l’époque Jean-Jacques Goldman qui passe alors au Zénith. Coluche lui demande une chanson pour les Restos du cœur, "un truc qui cartonne, qui nous fasse gagner beaucoup d’argent. Toi tu sais faire". Trois jours plus tard, la chanson des Restos est composée (pour remercier JJG, Coluche lui offre la légendaire guitare électrique Gretsch vintage).

Une chanson, 9 participants, un tube

Les participants (neuf au total, un chiffre qui paraît dérisoire quand on voit le nombre d'artistes présents aujourd'hui sur les albums des Enfoirés) ne sont pas forcément des chanteurs : Michel Platini, Nathalie Baye, Michel Drucker et Yves Montand (Catherine Deneuve devait y participer mais un tournage l’empêcha de le faire). Il faut également citer l'ingénieur du son Jean-Pierre Janiaud, et les choristes Francine Chantereau et Catherine Bonnevay. 

Coluche s'en va, Les Enfoirés arrivent

Le disque est un succès (plus d'1 million d’exemplaires vendus) mais quelques mois après sa sortie, Coluche décède dans un accident de moto le 19 juin 1986. C’est un choc énorme mais l’énergie ne faiblit pas et l’élan de générosité non plus. En novembre 1989, une première tournée des Enfoirés est organisée avec sur scène J-J. Goldman, Johnny Halliday, Eddy Mitchell, Véronique Sanson et Michel Sardou. Un disque est enregistré par la suite au profit de l’association.
Coluche et Michel Sardou

Coluche et Michel Sardou

© CHESNOT/SIPA
Comme les Restos, la tournée des Enfoirés et ses déclinaisons vont devenir une institution avec plus de 7 millions d’albums vendus entre 2003 et 2012. En 2010, les CD, DVD et concerts des Enfoirés ont permis aux Restos de récolter 27,2 millions d'euros, soit 17,8% de ses ressources. Chaque CD ou DVD vendu permet aux Restos du cœur de distribuer 18 repas chauds aux plus démunis.
 
Rappelons que trente ans après, les Restos du Cœur ce sont 69200 bénévoles, 2111 centres, 130 millions de  repas distribués et 1 million de personnes accueillies.