En Grèce, Ai Weiwei se fait couper les cheveux par un migrant

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 17/03/2016 à 17H46
Séance de coiffure pour Ai Weiwei à Idomeni, en Grèce, auprès des migrants, le 17 mars 2016

Séance de coiffure pour Ai Weiwei à Idomeni, en Grèce, auprès des migrants, le 17 mars 2016

© Sakis Mitrolidis / AFP

L'artiste chinois Ai Weiwei, 58 ans, qui multiplie les actions pour attirer l'attention sur le sort des migrants transitant par la Grèce, a réalisé jeudi un nouveau "geste symbolique" en se faisant couper les cheveux par un Syrien dans le camp d'Idomeni.

Ils sont une poignée à proposer des services de coiffeur et de barbier dans le camp surpeuplé du nord de la Grèce, où au moins 10.500 personnes continuent à espérer dans des conditions précaires une très hypothétique réouverture de la frontière avec la Macédoine.

Jeudi, Ai Weiwei, dont les cheveux étaient récemment un peu longs et négligés, a observé l'AFP, a pris place comme n'importe quel autre client du camp sur le tabouret de Majet Fehan, un barbier professionnel qui demande cinq euros pour tailler les cheveux et la barbe.

Revêtu d'une bâche en guise de blouse, il s'est fait couper les cheveux presque ras et rafraîchir la barbe, en plein air, sous l'oeil intéressé d'autres migrants, par le jeune barbier coiffé d'un bonnet et armé d'une paire de ciseaux, d'une tondeuse et d'un peigne bleu ciel.

"Tout ce qu'on fait est symbolique"

À l'issue de l'opération, Ai Weiwei a jeté un coup d'œil satisfait dans le miroir de poche vert du coiffeur, et, malgré les réticences du jeune homme, lui a glissé 20 euros dans la poche. "J'avais besoin de me couper les cheveux, cela fait longtemps que je ne l'avais pas fait, et je crois que c'est le bon moment pour moi de le faire. Et bien sûr, c'est symbolique évidemment. Tout ce qu'on fait est symbolique", a-t-il expliqué à l'AFP. "Pour moi, ça signifie que je laisse un peu de mes cheveux sur cette terre et qu'ils ne me reviendront jamais."

Images : AFP

Ai Weiwei a installé récemment un atelier sur l'île grecque de Lesbos, en mer Egée, là où débarquent en canots pneumatiques plus de la moitié des réfugiés et migrants venant de Turquie. En février, il a notamment recouvert les colonnes du Konzerthaus de Berlin de gilets de sauvetage. Et la semaine dernière, il a fait apporter un piano blanc en plein milieu de la boue d'Idomeni pour y faire jouer quelques notes à une jeune Syrienne.