Dessin du pape sodomisant un enfant : Plantu s'explique devant la justice

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 01/07/2014 à 20H16
Le dessinateur Plantu.

Le dessinateur Plantu.

© farouk Batiche / AFP

Le dessinateur Plantu a expliqué mardi à la barre du tribunal correctionnel de Paris qu'en publiant un dessin du pape Benoît XVI sodomisant un enfant, il voulait dénoncer le silence au sein de l'Eglise face aux actes de pédophilie, mais nullement "humilier les croyants".

L'Alliance générale contre le racisme et le respect de l'identité française et chrétienne (Agrif), association proche des catholiques traditionalistes, poursuit Plantu pour ce dessin, publié le 22 mars 2010 sur le site du dessinateur (www.plantu.net actuellement "en travaux") et repris le 3 avril suivant par Le Monde Magazine.
   
Intitulé "Pédophilie : le pape prend position", il mettait en scène le pape sodomisant un enfant qui déclarait: "Quitte à se faire enculer, autant aller voter dimanche!", en référence aux élections régionales.
Le dessin de Plantu mis en cause a été publié en 2010 sur son site.

Le dessin de Plantu mis en cause a été publié en 2010 sur son site.

© Plantu
Dénoncer la souffrance des enfants abusés
Il s'agissait de dénoncer "la double souffrance" des enfants abusés par des ecclésiastiques et "le silence assourdissant" de l'Eglise, "un second viol", a expliqué Plantu, gardant un feutre à la main.
   
Mais il n'était pas question d'"humilier les croyants", a poursuivi le dessinateur. "Quelle chance de travailler au Monde pour pouvoir publier et venger ces enfants qui ont été blessés", a-t-il ajouté.
   
L'Agrif fait une toute autre lecture de ce dessin. Elle avait porté plainte en mars 2011 pour "provocation à la haine ou à la violence" envers les catholiques. Ces derniers "se sont sentis agressés", plaidé l'avocat de l'association, Me Jérôme Triomphe, pour qui "ce n'est pas Benoît XVI qu est visé", mais "la communauté des catholiques".
   
Pour l'avocat de Plantu, Me Christian Charrière-Bournazel, l'Agrif n'a pas vocation à représenter les catholiques en général, elle est une association de "fondamentalistes". Surtout, a-t-il plaidé, l'action est irrecevable, car "c'est bien la personne du cardinal Ratzinger qui est visée". "Que l'on aime ou que l'on n'aime pas", a-t-il ajouté, ce dessin "ne peut pas tomber sous le coup de la loi".
   
Le jugement a été mis en délibéré au 30 septembre.