Des prix Pulitzer 2016 très ancrés dans l'actualité

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 19/04/2016 à 14H04
Daniel Etter, Mauricio Lima, Sergey Ponomarev et Tyler Hicks, du "New York Times", partagent le Prix Pulitzer Photo, pour leur travail réalisé auprès des réfugiés, avec les équipes photo de l'agenceThomson Reuters (New York, 18 avril 2016)

Daniel Etter, Mauricio Lima, Sergey Ponomarev et Tyler Hicks, du "New York Times", partagent le Prix Pulitzer Photo, pour leur travail réalisé auprès des réfugiés, avec les équipes photo de l'agenceThomson Reuters (New York, 18 avril 2016)

© Sara Krulwich / AP / Sipa

Guerres, crise des réfugiés, terrorisme... Cette année, les prix Pulitzer 2016, annoncés lundi à New York, font fortement écho à l'actualité et aux grands drames du monde.

Deux prix Pulitzer ont exceptionnellement été décernés dans la catégorie photo "Breaking news" : l'un à quatre photographes du New York Times - Daniel Etter, Mauricio Lima, Sergey Ponomarev et Tyler Hicks - pour leur travail sur les réfugiés et les dangers qu'ils affrontent. L'autre est allé aux équipes photo de l'agence Thomson Reuters ayant suivi les migrants dans un voyage incertain de centaines de kilomètres, conséquence principalement de la guerre en Syrie.

Arrivée de réfugiés à bord d'un bateau turc près du village grec de Skala, sur l'île de Lesbos, le 1er novembre 2015

Arrivée de réfugiés à bord d'un bateau turc près du village grec de Skala, sur l'île de Lesbos, le 1er novembre 2015

© Sergey Ponomarev / AP / SIPA

Alissa Rubin, ancienne chef du bureau de Kaboul du New York Times désormais basée à Paris, a été récompensée dans la catégorie reportage international pour sa couverture des souffrances des femmes afghanes, plus de 14 ans après l'invasion américaine pour déloger les talibans.

Le Los Angeles Times a reçu le Pulitzer dans la catégorie "Breaking News" pour sa couverture exceptionnelle du massacre de San Bernardino (Californie) en décembre dernier par un jeune couple d'origine pakistanaise, auto-radicalisé, qui a tué 14 personnes.

Et dans la catégorie littérature non romanesque, le Pulitzer est allé à "Black Flags : the rise of ISIS" (Drapeaux noirs, la montée de l'État islamique) de Joby Warrick. Par ailleurs, pour la première fois, deux journalistes de magazine ont été récompensées d'un Pulitzer, toutes deux du New Yorker : la critique Emily Nussbaum et Kathryn Schultz.

L'agence AP reçoit le prix le plus convoité

L'agence de presse AP a reçu le Pulitzer "service public", le plus convoité, pour une enquête en Asie sur les conditions de travail de pêcheurs esclaves, dont les crevettes finissaient aux États-Unis. L'enquête avait conduit à la libération de 2000 esclaves et à de nombreuses arrestations.

Et dans la catégorie reportage national, le Pulitzer est allé au Washington Post pour avoir créé une base de données sur les personnes tuées par la police américaine et le profil de ces victimes.

"Hamilton", reine des comédies musicales

Enfin, la comédie musicale "Hamilton", un des grands succès actuels de Broadway à New York, l'a emporté sans surprise dans la catégorie théâtre.

La comédie musicale "Hamilton" (2015)

Au total, le jury Pulitzer avait reçu quelque 3000 candidatures pour ces prix décernés dans 22 catégories, dont 1.112 pour les 14 catégories de prix journalistiques.

Le lauréat du prix du service public remporte une médaille d'or, les autres une récompense de 10.000 dollars. Ils recevront leurs prix lors d'un déjeuner à New York dans quelques semaines.

Les prix Pulitzer, du nom du journaliste américain d'origine hongroise Joseph Pulitzer (1847-1911), décernés pour la première fois en 1917, sont parmi les plus prestigieux en matière de journalisme et de création artistique.